Des Amis et Amies de la Nature en conversation

Hynek Pečinka | Président de Přátelé přírody z. s. (Amis de la Nature République Tchèque) Hynek Pecinka

Hynek Pečinka, président de Přátelé přírody z. s. (Amis de la Nature République Tchèque), parle de sa participation au projet "Naturefriends Sports for All" (Sports pour Tous) et des nombreuses idées nouvelles à partager avec les membres. Il attend avec impatience les prochaines rencontres internationales avec d'autres groupes des Amis de la Nature.

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Tu es actif pour les Amis de la Nature de Tchéquie depuis de nombreuses années. Comment t’es-tu rapproché du mouvement des Amis de la Nature et qu'est-ce qui t’a poussé à y investir ton temps au fil de toutes ces années ? Peux-tu nous parler de l’expérience avec Přátelé přírody z. s. qui t’a impressionné le plus ?
J'ai commencé ma carrière dans les « mouvements verts » comme scout, en 1990, et plus tard j'ai rejoint de jeunes environnementalistes. En 1995, j’ai adhéré à l'organisation Duha qui était à l’époque la branche jeunesse des Amis de la Nature de Tchéquie. Au début j’ai travaillé comme organisateur d’activités pour jeunes dans ma section à Olomouc avant de devenir vice-président de l'organisation nationale. En 2010, j’ai senti que j’avais besoin de faire une pause ou de laisser le travail pour les jeunes, et c’est la raison pour laquelle moi-même et plusieurs autres personnes avons fondé une section « Amis de la Nature » adultes à Olomouc et avons commencé à organiser des activités culturelles et de plein air pour adultes. Aujourd’hui, la section compte 70 adhérents et organise plus de 60 activités par an. Depuis 2010, je suis également actif au sein du Bureau national des Amis de la Nature tchèques et j'essaie de motiver nos adhérents à faire avancer les choses, à coopérer et à être plus visibles aux niveaux local et national.

Je me souviens de plusieurs expériences qui montrent que mon engagement a porté des fruits. En 2012, nous avons commencé à organiser un rassemblement national d'une durée de quatre jours une fois par an et les gens se sont réunis pour la septième fois en octobre passé, heureux de revoir leurs amis d'autres sections ainsi que de nouveaux visages. Cela fait déjà plusieurs années que la Journée nationale des Amis de la Nature est organisée dans l’ensemble du pays et nous rend visibles dans les communautés où travaillent nos sections. Mais pour moi, l'impression majeure a été le voyage en bus pour participer au lancement du Paysage de l'Année « Vallée du Rhin supérieur », qui comportait aussi l'exploration des régions frontalières des trois pays participant au projet : l'Allemagne, la Suisse et la France. Plus de 50 Amis de la Nature tchèques y ont participé et ont passé plus d’une semaine ensemble. De nombreuses amitiés durent jusqu’à présent et les contacts personnels sont ce qui rend plus fortes toutes les structures, ainsi que notre mouvement.

Si vous me demandez ce qui me motive à investir mon temps à ce genre d’activités : c’est tout simplement mon propre style de vie, j’aime les gens et leur proposer et partager avec eux des activités pleines de sens. Et je pense aussi que tout le monde devrait laisser quelque chose de bon pour les autres et redonner ce qu'il / elle avait reçu une fois.

Přátelé přírody z. s. compte parmi les petites organisations membres de l’IAN. Qu'est-ce que cela signifie pour vous de faire partie du mouvement international des Amis de la Nature ? Comment participez-vous au réseau de l’IAN – et comment en tirez-vous profit ?
Voyez-vous, faire partie d’une structure internationale offre de nombreuses opportunités à tous ceux qui aiment voir sous différentes perspectives le monde qui vous entoure. Le fait que les Amis de la Nature tchèques fassent partie d’une plus grande « famille » de personnes partageant les mêmes intérêts et idées nous ouvre la porte à la coopération mutuelle : voyager, rencontrer des gens intéressants, prendre part aux décisions qui peuvent nous influencer et partager des savoirs. En termes simples, cela signifie faire des choses ensemble au niveau international et apprendre les uns des autres, chacun ayant sa spécialité.

La devise de notre association est la suivante : « Nous sommes férus de nature, d’histoire et de culture. Nous aimons marquer le monde qui nous entoure ». Et faire partie du mouvement des Amis de la Nature nous permet de nous enrichir de nouvelles idées et de partager notre expertise dans nos domaines d’action.

Cette année, les Amis de la Nature de Tchéquie participent au projet Erasmus+ « Naturefriends Sports for all ». L'objectif est de donner aux organisations membres des outils leur permettant de développer des activités sportives de plein air pour personnes handicapées. Au printemps et à l'automne passés, vous avez assisté à des ateliers sur la randonnée et l'escalade accessibles pour tous. Que rapportez-vous à Přátelé přírody z. s. ? Quelles activités voudriez-vous développer ?
La plupart de nos sections pratiquent des sports de plein air tels que la randonnée ou le ski. Certaines d’entre elles ont déjà rencontré des personnes handicapées lors d’une activité de plein air, mais pour beaucoup c’est encore un sujet nouveau. C’est la raison pour laquelle nous avons salué l’idée de ce projet « sports pour tous », avons délégué des participants et en fait la promotion auprès de nos sections. Nous aimerions partager les connaissances acquises lors d’un atelier d’un week-end l’année prochaine, afin que nos organisateurs puissent s’ouvrir davantage aux activités conjointes pour les personnes sans et avec handicap, et devenir plus confiants et préparés aux éventualités qui peuvent apparaître lors de l’organisation de telles rencontres. Autant que je sache, il n’y a pas beaucoup d’Amis de la Nature tchèques qui ont l’habitude de pratiquer l’escalade. Nous concentrerons donc notre atelier uniquement sur la randonnée.

En octobre, la Conférence annuelle de l’Internationale des Amis de la Nature s'est tenue à Vienne, où de nombreuses idées d'activités futures ont été discutées, comme par exemple la Journée mondiale des Amis de la Nature en 2020 ou le prolongement du projet Erasmus +. Quelles activités seraient particulièrement intéressantes pour vous ?
Personnellement, je salue toutes les actions qui font de l’IAN non pas une plate-forme de dirigeants d’organisations nationales mais qui offrent des opportunités ciblées aux adhérents. Si vous demandez aux adhérents à quoi sert l’IAN, ils vous diront par exemple qu’être informés sur la possibilité de participer à un atelier avec des Amis de la Nature d'autres pays est plus important que d’être un délégué à une conférence. Je préférerais donc tout projet axé sur la coopération transfrontalière, l’échange d’expériences ou les campagnes communes ayant un effet concret, comme la Journée mondiale des Amis de la Nature. C'est plus valable que des tonnes de documents et de déclarations.

(Novembre 2018)


Přátelé přírody z. s.
 

 

Sékou Kader NANAMOU | Président des Amis de la Nature de Guinée (ALUSFADE-GUINEE)Sekou Kader Nanamou 

Sékou Kader NANAMOU est Président des Amis de la Nature de Guinée, qui ont entamé en octobre la mise en œuvre de l’actuel projet du Fonds des Amis de la Nature pour le climat. Dans l’interview il parle du projet et du travail des Amis de la Nature en Guinée.

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À présent les Amis de la Nature de Guinée ont commencé à mettre en œuvre l’actuel projet du Fonds des Amis de la Nature pour le climat, dans la réserve de biosphère des Monts Nimba. À quoi ce projet doit-il parvenir ? 
Le projet doit favoriser une réelle prise de conscience des populations guinéennes, notamment celles riveraines des Monts Nimba, par rapport au phénomène du changement climatique. A travers les séances de sensibilisation et de démonstration sur les foyers améliorés, elles s’apercevront que l’utilisation de ces derniers permet de lutter contre la déforestation et le réchauffement climatique. Le projet doit également inciter les autorités locales, et plus loin le Gouvernement, à prendre ou renforcer les mesures d’atténuation des effets du changement climatique. Il n’est pas exclu que des partenariats soient formalisés en vue d’une synergie d’action et une démultiplication dans d’autres localités du pays. 
 
Quelles sont, concrètement, les différences des fours améliorés comparés aux fours traditionnels ? 
Les différences sont notoires !  
Contrairement aux foyers traditionnels, les foyers améliorés : 

  • consomment moins de bois ; 
  • chauffent très vite ; 
  • gardent la chaleur à l’intérieur ; 
  • permettent de gagner du temps (le temps de cuisson est plus court) ; 
  • permettent une économie financière ; 
  • contribuent à la protection de l’environnement (réduire le déboisement et atténuer les effets du changement climatique) ; 
  • protègent la santé des populations, car ils émettent très peu de fumée. 


Tu es Président des Amis de la Nature de Guinée depuis le 02 août 2006. Qu’est-ce qui t’a amené à être candidat pour cette fonction ? 
La raison est très simple. En tant que Guinéen, je suis conscient que le développement socio-économique n’est pas seulement l’apanage du Gouvernement. C’est pourquoi nous avons fondé ALUSFADE-GUINEE qui est une Organisation Non Gouvernementale. Fort de ma formation universitaire et de mes capacités managériales, je me suis alors porté candidat à la fonction de président de cette ONG en vue de contribuer au développement durable de la Guinée, et pourquoi pas du continent africain. 
 
L’ONG ALUSFADE-GUINEE est très active dans le domaine de la protection du climat. Quelles sont les autres priorités de votre travail ? Qu’est-ce que cela signifie pour vous d’appartenir au mouvement international des Amis de la Nature ? 
Après le domaine de l’environnement où nous menons plusieurs activités dont la protection du climat, nous intervenons aussi dans beaucoup d’autres domaines tels que l’agriculture, l’élevage, l’alphabétisation, la santé (notamment les infections sexuellement transmissibles et le HIV/SIDA), la gouvernance et les droits humains. 
Appartenir au mouvement international des Amis de la Nature signifie pour moi un atout en termes d’échange d’expériences, d’opportunités de financement, d’efficacité, de leadership et de réussite dans notre combat pour l’épanouissement de l’Homme dans un environnement sain. 
 
 

(Octobre 2018) 
 
 

 

Hannu Puhalainen | Président des Amis de la Nature de Finlande Hannu Puhalainen
 
Hannu Puhalainen, âgé de 66 ans et résidant dans la ville de Rovaniemi, est président
des Amis de la Nature de Finlande et en même temps président de la section Rovaniemi
des Amis de la Nature. Comme il vit en Laponie finlandaise, la nature et la randonnée
font partie intégrante de sa vie. Dans cette interview il parle de sa motivation personnelle
pour s’engager chez les Amis de la Nature et de ses idées pour l’avenir.

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Tyovaen retkeilyliitto, l’organisation des Amis de la Nature de Finlande, a été créée en 1971 comme organisation sportive nationale. Quels sont aujourd’hui vos objectifs et vos activités principales ?
Notre objectif est de développer encore notre action, par l’organisation de diverses activités et par la promotion des valeurs de la randonnée et de la nature, de manière à ce que les gens puissent s’intéresser et s’activer pour des thèmes relatifs à la nature. Nous voulons aussi augmenter le nombre de nos sections locales, afin d’être présents partout en Finlande.
Nous coordonnons et soutenons les activités des sections locales. Nous gérons nos chalets et les louons principalement à nos adhérents. Nous publions une revue qui est le lien entre nos adhérents et renforce la coopération entre sections. 
 
Quelle est ta motivation personnelle pour t’engager chez les Amis de la Nature ?
Ma motivation majeure est de rencontrer des personnes partageant les mêmes valeurs, de passer du temps dans la nature, de jouir des sons et du silence de la nature, la pêche, la cueillette de baies, les feux de camp avec café et saucisses. J’aime aussi aider et soutenir des personnes cherchant à connaître la nature. 
 
Tyovaen retkeilyliitto est une petite organisation très active, avec à peu près 1 700 adhérents. Qu’est-ce que cela signifie pour toi d’être membre du mouvement international des Amis de la Nature ?
Comme membre de l’Internationale des Amis de la Nature nous sommes informés sur des manifestations et tendances en Europe. De nos jours, les Amis de la Nature nous initient aussi à des thèmes touchant la nature et l’environnement en Afrique. Nous espérons que cette dimension internationale pourra motiver des jeunes à intégrer nos activités. Jusqu’ici nous n’avons pas encore su mettre en valeur cette opportunité dans nos actions.
 
Quels seront les défis majeurs pour les dix ans à venir – pour les Amis de la Nature de Finlande et pour le mouvement international des Amis de la Nature ?
Pour nous en Finlande l’enjeu majeur est de rassembler des personnes jeunes et actives dans notre organisation et de maintenir nos effectifs au moins au niveau actuel. 
 En ce qui concerne le mouvement international des Amis de la Nature, je pense qu’il est important de réaliser un équilibre entre les dimensions locale et globale. Les activités communes doivent être suffisamment intéressantes pour attirer un public large, et en même temps les sections locales dans le pays devraient voir les avantages de la coopération globale. La communication et l’interaction dans des projets communs pourraient y contribuer.

Tyovaen retkeilyliitto
 
(septembre 2018 ; la version française du présent texte est basée sur la traduction anglaise de la version finnoise par Hannele Pöllä, Coordinatrice des relations internationales au sein des Amis de la Nature de Finlande)

 

Maritta Strasser | Directrice exécutive des Amis de la Nature d’Allemagne Maritta Strasser, NaturFreunde Deutschlands

Depuis le 1er juillet Maritta Strasser est la nouvelle Directrice exécutive des Amis de la Nature d’Allemagne (NaturFreunde Deutschlands). Elle succède à Hans-Gerd Marian qui part en retraite après avoir travaillé pendant bien des années pour les Amis de la Nature d’Allemagne. Dans cette interview Maritta parle de ses idées et plans. 

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Comptant plus de 70 000 adhérents, les Amis de la Nature d’Allemagne sont la deuxième organisation membre de l’Internationale des Amis de la Nature. Quelles sont à ton avis vos atouts et vos priorités pour le travail futur ?
Il y a tant d’activités chez les Amis de la Nature d’Allemagne : formations sportives, voyages, maisons, projets de conservation, offres culturelles … les Amis de la Nature travaillent beaucoup, et dans la plupart des cas à titre bénévole. Ceci m’inspire beaucoup de respect.   Mais nous n’en parlons pas assez. Il faut que nous soyons plus surs de nous. Nous avons beaucoup à proposer ! Il faut que nous soyons encore plus convaincants pour que les nombreuses personnes venant pratiquer un sport chez nous ou assister ponctuellement à des activités, finissent par adhérer à l’organisation.  

Quels sont pour toi personnellement les défis majeurs ?
J’aimerais aller dans le sens d’une augmentation de nos effectifs, pour que nous ayons un avenir viable. Je souhaite donc renforcer nos relations publiques. J’aimerais aussi aller vers un changement culturel au sein de la fédération. J’aimerais que nous soyons plus ouverts, plus accueillants, et que nous nous adressions en particulier aux jeunes. J’attache donc beaucoup d’importance à la collaboration avec les Jeunes Amis de la Nature. 

Les Amis de la Nature d’Allemagne se disent « association politique de loisirs ». Qu’entendez-vous par là ? Et quel est pour vous le rôle du travail politique – aux échelles nationale et internationale ? 
Nous sommes en quelque sorte le feu de camp autour duquel se retrouvent ceux et celles qui pensent qu’il y a des choses qui vont fondamentalement mal dans ce pays. Nous exploitons toujours plus brutalement la nature pour accumuler des richesses dont profitent un nombre toujours plus petit de personnes. Individuellement nous n’avons pas de pouvoir, ce n’est qu’ensemble que nous pouvons changer les choses. Comme non seulement l’homme mais aussi la nature a besoin de repos, nous ne menons pas seulement notre combat ensemble mais nous retrouvons aussi pour jouir du sport et des loisirs.  
On a plus que jamais besoin de nous. Les partis ont de moins en moins de réponses aux enjeux de notre époque. Leur force s’affaiblit. Il incombe donc à la société civile de formuler des alternatives sociétales – à la politique du cloisonnement, à la redistribution du bas vers le haut et à l’exploitation impitoyable de notre planète.   

Un objectif important de l’action internationale des Amis de la Nature consiste à rendre tangibles les valeurs de notre mouvement, telles que la solidarité internationale, et de contribuer activement à leur mise en œuvre, par exemple à travers le Fonds des Amis de la Nature pour le climat ou par le Paysage de l’Année dans une région à cheval sur la frontière sénégalo-gambienne. Quelle est à ton avis l’importance de l’engagement international pour un mouvement comme les Amis de la Nature ?
J’estime que l’engagement global est très important, et ceci pour deux raisons : premièrement le changement climatique et le tarissement de ressources globales ne s’arrêtent pas aux frontières – ce sont des problèmes globaux que l’on ne peut résoudre que dans un énorme effort global.  
Et deuxièmement la solidarité est notre valeur centrale, et elle ne peut accepter des frontières si elle est prise au sérieux. Car l’exclusion, la limitation d’aides à certains groupes de personnes sont des signes d’un manque profond de solidarité. Nous sommes tous et toutes des êtres humains et souhaitons avoir les mêmes droits et libertés. C’est notre diversité qui fait notre richesse.

Amis de la Nature d’Allemagne

(Juillet 2018)


 

 

Jacques LetonJacques Leton |  Président des Amis de la Nature de Belgique-Wallonie

En avril Jacques Leton a été réélu Président de l’Union Francophone des Amis de la Nature (Belgique-Wallonie). Dans notre conversation il parle de ses objectifs pour les prochaines années et de la motivation personnelle pour son engagement.

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Nous te félicitions cordialement pour ta réélection comme Président des Amis de la Nature de Wallonie ! Pendant les mois écoulés vous avez mené des débats très poussés sur le développement futur de votre fédération. Quels sont donc vos objectifs pour les années à venir ?
Notre objectif principal est de diminuer l’âge moyen de nos membres en valorisant notre mouvement auprès des jeunes. Attirer les jeunes vers les Amis de la Nature doit être un objectif réel si nous ne voulons pas mourir de vieillesse. C’est un challenge difficile, mais réalisable si nous nous en donnons la peine et les moyens. Je suis convaincu que les Amis de la Nature ont toujours leur place dans ce monde et nous devons y mettre toute notre ardeur pour aider à sauver notre mère Nature et notre mouvement.

L’engagement bénévole est synonyme de beaucoup de travail et de responsabilité – bien entendu cela signifie aussi d’avoir la possibilité de faire avancer des choses et de contribuer au développement durable de la société. Quelle est ta motivation personnelle pour ton engagement ? Est qu’est-ce que tu estimes important pour ton travail comme Président ?
Il est bien évident que cela a beaucoup d’importance car « Travail et Responsabilité » sont inséparables pour l’avenir de notre monde. Toutefois, il faut reconnaître que ce n’est pas chose facile. Une réflexion est née au sein de l’UFAN dans ce sens et comment s’en donner les moyens.

L’Union francophone des Amis de la Nature compte parmi les petites organisations membres de l‘Internationale des Amis de la Nature et – comme beaucoup d’autres fédérations – n’a que des ressources limitées pour le travail international. Quelles activités internationales les Amis de la Nature devront-ils promouvoir à ton avis dans les prochaines années ? 
Nous devrions nous accrocher plus à la sauvegarde de notre planète en utilisant plus nos membres à cette protection. Je pense que l’IAN devrait également créer plus de projets de sauvegarde au niveau européen. Oui nous devons aider nos amis africains et j’en suis convaincu, mais un travail de fond chez nous est aussi primordial. Un rapprochement avec les différentes fédérations est à réaliser mais nos moyens sont assez limités et nos membres ne sont pas toujours très réactifs.

Le mouvement des Amis de la Nature fêtera ses 125 ans en 2020. De quoi avons-nous besoin pour que le mouvement réussisse également à l’avenir ?
Nous devrions rajeunir nos troupes si nous voulons fêter dignement nos 125 ans et nous projeter dans un avenir lointain. Nous projeter en ne faisant pas que de la politique, ce qui est fort tendance actuellement, mais en privilégiant notre avenir du communautaire et terrestre. N’oublions pas nos anciens qui ont œuvré dur pour nous donner ce que nous avons. Si nous voulons perdurer leur travail, nous devons nous battre et créer un mouvement rajeunissant.
Je pense également que nous devrions remettre à l’ordre du jour que nous sommes également une Union Touristique des Amis de la Nature et non seulement des Amis de la Nature. Nous sommes là pour protéger la nature mais également la faire découvrir à nos membres et au-delà.

U.F.A.N.

(Juin 2018)


 

 

Ciprian CostaCiprian Costa |  Président Amis de la Nature Roumanie 

Ciprian Costa est le Président des Amis de la Nature de Roumanie ; il a récemment participé à un atelier international des Amis de la Nature à Vienne, sur les activités sportives sans barrières. Dans l’entretien il parle des moments majeurs de son travail passé pour les Amis de la Nature et des visions pour les années à venir.

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Tu es déjà actif pour les Amis de la Nature de Roumanie depuis de nombreuses années. Comment es-tu entré en contact avec les Amis de la Nature et qu'est-ce qui t’a motivé pour t’engager pendant toutes ces années ? Peux-tu décrire les moments majeurs vécus avec Prietenii Naturii Romania ?  
Il y a 25 ans, alors que j'étais étudiant à Timisoara, j'étais membre d'un club de montagne, partenaire de l’IAN. J'ai aimé la devise « nature et culture » et toutes les activités, mais j'ai aussi aimé être membre d'une « grande famille » - des Amis de la Nature. L'un des moments majeurs a été quand la Roumanie est devenue membre A de l’IAN.
Autres étapes importantes : le prix Cabana Codrin au Concours Climat, le Paysage de l'année – Delta du Danube ; la création de deux nouvelles associations d’Amis de la Nature en Roumanie ; la participation de la région du Banat au projet « Hiking Europe » – et en 2017 nous avons réussi à établir un nouveau système de gestion de nos adhérents.

Prietenii Naturii Roumania compte parmi les petites organisations membres au sein de l’IAN. Qu'est-ce que cela signifie pour vous de faire partie du mouvement international des Amis de la Nature ? Comment participez-vous au réseau international et comment cela vous est-il utile ?  
Nous sommes une petite organisation dans l’Ouest du pays, et nous avons aussi une maison AN. Nos adhérents ont des contacts avec d'autres organisations d’Amis de la Nature en Europe. Nous avons participé à des ateliers et à des séminaires et partagé nos expériences avec les autres adhérents. En voyageant à l'étranger tout au long de l'année, nos membres fréquentent autant que possible les maisons AN.    

Cette année, vous participez au projet Erasmus + « Naturefriends Sports for all ». Ceci devra munir les organisations membres d'outils pour développer des offres de sports de plein air à l’intention de personnes handicapées. Le premier atelier, où tu étais également présent, vient d’avoir lieu à Vienne. Pourquoi ce projet est-il si important pour toi ? 
J'ai aimé cette idée dès le début, et le premier atelier à Vienne était extraordinaire. Étant donné que des activités dans la nature pour des personnes handicapées sont assez récentes en Roumanie, nous n'avons presque aucune infrastructure à leur proposer. L’atelier fut la première étape pour nous de comprendre et d'apprendre plus sur les besoins des personnes handicapées et sur les possibilités que nous avons de répondre à ces besoins.

2028 - où vois-tu les Amis de la Nature de Roumanie en dix ans ? Quelle est ta vision, de quoi te réjouis-tu, et quels défis avez-vous à relever ? 
Dans 10 ans ? Bon, un défi pour nous sera d'avoir au moins 10 sections avec plus de 100 adhérents chacune, 10 maisons AN et une plus large gamme d’activités. 
Berg frei ! 

Prietenii Naturii Romania

(Mai 2018)


 

 

Marie BernardMarie-Bernard Lefebvre-Dumont | Présidente des Amis de la Nature France

Le 31 mars 2018 Marie-Bernard LEFEBVRE-DUMONT a été réélue Présidente des Amis de la Nature France. Dans notre entretien elle parle de sa motivation pour son engagement de longue date et de ses visions pour le développement du mouvement des Amis de la Nature.

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Depuis beaucoup d´années, tu es active avec beaucoup d’engagement pour les Amis de la Nature – aux échelles nationale et internationale. D’où vient la motivation pour ton grand engagement ? 
Comme un certain nombre d’Amis de la Nature français, j’ai adhéré (il y un peu plus de 30 ans) au mouvement après avoir été active dans celui des auberges de jeunesse, quand j’ai eu un enfant. Les activités proposées dans « ma » première section étaient alors plus adaptées à ma nouvelle vie. Tout en appréciant beaucoup la vie interne de « ma » section et les échanges avec des Amis de la Nature d’horizons et de pays différents, ce n’est qu’il y a un peu plus de 10 ans que je me suis engagée pour le mouvement en prenant des responsabilités. J’y retrouve tout ce qui, pour moi, donne du sens à la vie, les échanges, l’amitié, le partage, la confrontation avec des mondes différents, l’ouverture à d’autres cultures, la tolérance, la solidarité. Certes, les choses ne vont pas toujours de soi mais l’exemple de nos ainés et les besoins de la société actuelle, en général, et de nos jeunes, en particulier, m’encouragent à aller de l’avant. 

Quelles sont tes priorités pour le travail des Amis de la Nature dans les prochaines années ? 
Le 33ème congrès de notre fédération nous a donné des indications claires sur ce sur quoi nous devons travailler ::

  • Encourager le développement du groupe jeunes qui s’est constitué à l’occasion de ce congrès et qui a permis l’élection d’un représentant jeunes dans notre nouveau bureau. Permettre que ce groupe enrichisse et dynamise le mouvement tout en tenant compte des réalités actuelles et du travail effectué par les anciens. 
  • Améliorer notre communication : nous nommer désormais « Amis de la Nature France » est un premier pas. En effet, bien que nous soyons presque 8000 en France, nous ne sommes pas bien connus, excepté peut-être en Alsace. Pourtant, les 100 associations locales, qui nous sont fédérées ont un rôle sociétal et social indéniable, que ce soit en raison de la diversité des activités de loisirs proposées et/ou d’actions de connaissance de la nature ou de sensibilisation aux enjeux environnementaux, sans oublier, et c’est probablement ce qui nous distingue des autres, la gestion bénévole de maisons et de campings (60 en France), tout ceci à un prix modeste. Nous devons aussi améliorer la communication interne, car bien que nous dispositions d’outils d’informations de plus en plus performants, la fédération et les membres ne se connaissent pas suffisamment. D’où des difficultés à mutualiser et valoriser les expériences des uns et des autres et à nommer et afficher les valeurs qui nous rassemblent. 
  • Développer des partenariats avec d’autres associations ayant des valeurs proches des nôtres, pour mieux peser dans les décisions politiques en matière de tourisme, d’organisation des activités ou d’enjeux environnementaux et offrir à nos adhérents et adhérentes plus de possibilités en matière de séjours (développement de conventions avec des maisons amies par ex)
  • Organiser la gouvernance au sein de la fédération, travailler en réseaux, pour « démocratiser » les décisions, permettre à celles et à ceux qui le souhaitent de se former à la prise de responsabilités, et ainsi aider au renouvellement des responsables.  

Les Amis de la Nature de France ont joué un rôle majeur dans le développement des Amis de la Nature en Afrique. Tu es toi-même membre du Groupe de pilotage du Fonds des Amis de la Nature pour le climat, qui est destiné à financer des projets climatiques des Amis de la Nature. En même temps beaucoup d’organisations d’Amis de la Nature en Europe sont confrontés à des problèmes financiers. Question provocante : Est ce qu’il ne faudrait pas investir dans les fédérations européennes plutôt que de soutenir des pays du Sud global ? 
Non, je ne crois pas qu’il faille tenir un tel discours et jouer le sud contre le nord. Certes, certaines fédérations européennes sont en difficulté, il faut tenter de les aider, la France l’a fait dans le passé, mais il ne faut pas que ce soit au détriment des pays du sud global. D’ailleurs, je ne pense pas que les difficultés rencontrées par les Amis de la Nature des pays européens soient de même nature que ceux des pays africains. Ces difficultés sont soit d’ordre politique (Hongrie par ex.), c’est alors le rôle de l’IAN, appuyé par les fédérations, de se manifester au niveau européen, soit des problèmes de développement, et là toutes les fédérations sont concernées. A elles, aidées par une réflexion commune au niveau de l’IAN, de retrouver des objectifs en phase avec les besoins sociétaux actuels pour redonner du sens au mouvement et enrayer la chute. Si les besoins financiers sont le problème, il faut peut-être envisager la création d’un fonds de solidarité spécifique, alimenté par exemple, à partir de fonds européens, de financements participatifs etc… Le Fonds des Amis de la Nature pour le climat est lui destiné aux pays africains qui subissent une situation de pauvreté et de manque de développement aggravés par l’accélération du changement climatique et les relations commerciales nord/sud. Tous les projets proposés par les Amis de la Nature africains concernent des projets locaux de développement pour, en améliorant leurs conditions de vie, aider les populations sur place à y vivre dans la dignité. Elles sont financées par les Amis de la Nature européens qui compensent les effets néfastes de leurs déplacements, sur l’accélération du changement climatique. C’est ce qu’on appelle la justice climatique. 

En 2020 le mouvement des Amis de la Nature fêtera son 125e anniversaire. De quoi avons-nous besoin pour pouvoir réussir également à l’avenir ? 
Nous demander constamment si nos valeurs sont audibles dans l’environnement actuel ou plutôt quelles actions mettre en place pour qu’elles le soient. Multiplier les échanges entre fédérations, porter un message commun et améliorer notre visibilité. Prendre en compte la parole des jeunes et leur laisser une place. 
  

Amis de la Nature France

(Avril 2018) 


 

 

Leonardo BaroncelliLeonardo Baroncelli | Vice-Président de l’IAN 

L’Italien Leonardo Baroncelli a été élu Vice-Président de l’IAN par le Congrès de l’IAN, le 21 octobre 2017. Il est un membre actif des Amis de la Nature d’Italie, où il s’occupe de thèmes internationaux et environnementaux. Dans notre entretien, Leonardo parle des raisons de son engagement pour les Amis de la Nature et de ses idées concernant l’avenir de l’organisation. 

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Quelle a été ta motivation personnelle pour être candidat à la Vice-Présidence du mouvement international des Amis de la Nature ? 
Dans ma jeunesse j’ai milité au sein du Service civil international, un organisme de secours qui envoie des volontaires dans le monde entier. À ce titre j’ai participé à des opérations de secours pendant les inondations à Florence en 1966 et à l’occasion du tremblement de terre en 1968 dans l’ouest de la Sicile, à côté de milliers de volontaires venus de beaucoup de pays pour apporter leur aide. Cette expérience de grande solidarité internationale m’a inspiré dans ma vie professionnelle et personnelle. Après mon retrait de la diplomatie italienne et une carrière de quarante ans dans quatre continents, j’ai ressenti un besoin de m’engager de nouveau dans des activités sans but lucratif, notamment dans les domaines de la protection de la nature et des cultures autochtones, qui sont actuellement exploitées d’une manière non durable et non équitable. 

Les Amis de la Nature d’Italie sont très actifs au plan international, ils soutiennent par exemple le développement d’un groupement d’Amis de la Nature en Bosnie. Quel rôle joue pour toi l’internationalisme – notamment dans le contexte du mouvement des Amis de la Nature ? 
Plus que jamais il joue un rôle fondamental, comme nous sommes confrontés à la montée du populisme, aux menaces du terrorisme et à une crise du multilatéralisme. Les fondements mêmes de l’intégration européenne sont remis en question ces dernières années. Dans ce contexte d’insécurité, il ne faut ménager aucun effort pour promouvoir les valeurs du mouvement des Amis de la Nature, en particulier l’internationalisme, la démocratie, la justice climatique et une alliance dans le monde entier en faveur de la survie de notre planète et de l’humanité.

En plus de ta qualité de Vice-Président, tu es aussi membre du Groupe de pilotage du Fonds des Amis de la Nature pour le climat. L’objectif général du Fonds pour le climat est de contribuer à plus de justice climatique, par le soutien à des projets concrets réalisés par des Amis de la Nature africains. Alors, beaucoup considèrent encore les Amis de la Nature uniquement comme une organisation de loisirs et de randonnée. Que leur répondrais-tu s’il te demandaient pourquoi des Amis de la Nature s’engagent pour la justice climatique ? 
La justice climatique doit être une priorité pour que puissent être atténuées les conséquences du changement climatique dans les pays du Sud, qui ne sont pas les principaux producteurs de CO2. Sans la justice climatique les risques d’inégalités sociales, de conflits armés et de déplacements massifs de personnes sont très élevés. Il est donc préférable de mettre en œuvre des mesures de justice climatique et d’équité sociale, susceptibles de prévenir des crises naturelles et anthropiques et de faire de notre planète un endroit pour vivre mieux.
Néanmoins nous devons aussi promouvoir et soutenir des activités de loisirs et touristiques durables, bénéficiant à l’environnement social et naturel. Personnellement j’aime beaucoup la randonnée.

Quels sont à ton avis les enjeux majeurs pour le mouvement des Amis de la Nature dans les prochaines années, en Italie et au plan international ? 
L’enjeu majeur pour le mouvement des Amis de la Nature est le vieillissement de nos effectifs en Italie et au plan international. Ce défi se pose aussi à d’autres organisations sans but lucratif, et de nouvelles pistes n’ont pas encore été explorées pour recruter de jeunes adhérents.
En tout premier lieu il s’impose de rendre plus visible le profil politique du mouvement et de parler plus haut en faveur de nos valeurs. Il y a des contraintes de temps et de moyens, mais peut-être pouvons-nous faire plus avec moins de ressources. Il est aussi important de promouvoir une coopération plus active avec des associations partageant nos idées en Europe centrale et orientale, en Afrique et en Asie, et de les encourager à se faire entendre. Et finalement nous pouvons contribuer plus activement à renforcer la société civile, par la diffusion de meilleurs pratiques, la formation aux compétences de mobilisation et par la promotion des valeurs environnementales dans les milieux politiques européens. 

Gruppo Italiano Amici della Natura G.I.A.N.

(Mars 2018) 


 

 

Mamadou Diallo
© Doris Banspach

Mamadou Diallo | Secrétaire général de l’ASAN 

Dans son discours à l’occasion du lancement du Paysage de l’Année Sénégal / Gambie, Mamadou Diallo, Secrétaire général de l’Association Sénégalaise des Amis de la Nature (ASAN), s’est réjoui du fait que l’ASAN sera pendant deux années au cœur des activités internationales des Amis de la Nature. Dans son entretien avec l’IAN, il parle de l’importance de l’initiative pour la région et pour son association ainsi que de ses visions pour l’avenir.  

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Dans ton discours inaugural tu as manifesté ton enthousiasme au sujet du nouveau Paysage de l’Année Sénégal / Gambie. En plus d’un très grand nombre de participant/e/s de la région et des pays voisins, 40 Amies et Amis de la Nature sont venu/e/s d’Europe pour participer aux cérémonies et pour découvrir la région. Que signifie cette attention pour les Amis de la Nature du Sénégal ?
Pour les Amis de la Nature du Sénégal, nous considérons que c’est un honneur et une marque d’amitié et de considération que l’IAN vient de nous manifester. En effet, confier l’organisation du Paysage de l’année 2018 – 2019 à l’Association Sénégalaise des Amis de la Nature (ASAN), une Fédération africaine, constitue une première dans l’histoire du Mouvement international des Amis de la Nature. Vous nous donnez une fois de plus l’occasion d’exprimer notre reconnaissance et notre profonde gratitude aux responsables de l’IAN, aux nombreux participants venus d’Europe et d’Afrique, pour rehausser de leur présence la cérémonie officielle de lancement du Paysage de l’année.  

Quelles sont pour toi les spécificités de la région que tu souhaites faire découvrir aux voyageurs et voyageuses ? 
Vous savez qu’il y a beaucoup de choses à découvrir au Sénégal, qui est un pays riche en biodiversité, en écosystèmes variés, en sites touristiques extraordinaires et en culture vivante et vibrante. En plus, les sénégalais, malgré leur diversité ethnique et linguistique, constituent un peuple merveilleux, très accueillant et très ouvert. Dans le cadre de nos activités nous avons plusieurs circuits éco touristiques très intéressants que nous proposons à nos hôtes.  
Au-delà des différentes zones éco géographiques que compte notre pays, il serait intéressant pour les touristes qui viennent au Sénégal, de visiter l’Ile de Gorée, témoin de plusieurs siècles d’esclavage et de traite négrière, le Lac Rose, les différents Musées de la capitale, les marchés d’art et le Monument de la Renaissance Africaine. Pour ceux qui souhaitent sortir non loin de Dakar, ils peuvent visiter la Reserve de Bandia pour découvrir des Giraffes, des Elands de Derby, d’autres variétés d’antilopes, des singes, des buffles, etc., faire un tour à la station balnéaire de Saly en passant par Poponguine et les forêts de baobabs, l’arbre qui soigne tout.   
Le circuit nord permet aux visiteurs de découvrir Saint Louis, l’ancienne capitale du Sénégal et site du patrimoine mondial, avec ses monuments historiques (l’Hôtel Mermoz, le Pont Faidherbe, le Palais du Gouverneur), Goxxu Mbathie le village des pêcheurs, la Langue de Barbarie, le retour coloré et animé des pêcheurs le soir, les villages traditionnels des maures et des Peulhs, sans oublier la Reserve de Gueumbeul et le Parc national des oiseaux de Dioudj, troisième site ornithologique du monde avec ses milliers d’oiseaux et de pélicans.   
Les adeptes du tourisme religieux peuvent faire un tour à Tivaouane, capitale du Tidjanisme, Touba, capitale du Mouridisme, Kaolack, capitale des Niassènes, etc.  Pour ceux qui s’intéressent à la grande faune et au tourisme culturel, les régions de Tambacounda et de la Casamance sont incontournables. 
Mais pour le Tour d’Horizon de cette année, nous avons proposé de faire visiter aux amis de la nature une région frontalière commune au Sénégal et à la Gambie. Vous allez découvrir la Sénégambie, avec un écosystème particulier commun aux deux pays, une aire géographique très riche en ressources biologiques et la culture et le peuple sénégambiens, divers et variés.  

L’un des objectifs du Paysage de l’Année est toujours d’initier des activités concrètes susceptibles d’améliorer les conditions de vie des populations. Que faut-il à ton avis pour que cet objectif soit atteint ? 
La mise en œuvre du programme permettra de contribuer à la préservation de notre environnement, à la lutte contre le réchauffement de la Planète, à l’amélioration de la biodiversité, mais surtout à la promotion de l’écotourisme. 
En effet, il est prévu un reboisement d’arbres à usages multiples dans les concessions au profit des populations. Ce sont des arbres à large frondaison pour fournir de l’ombre, des arbres fruitiers pour lutter contre la malnutrition et améliorer les revenus monétaires des bénéficiaires, ce sont des arbres qui fournissent du bois d’énergie pour freiner la déforestation, ce sont des arbres qui ont des vertus médicinales qu’utilisent les tradipraticiens locaux, bref c’est un reboisement pour séquestrer le carbone, lutter contre le réchauffement de la planète et le changement climatique. 
De même, c’est l’occasion pour les populations de revisiter le patrimoine culturel local. D’ailleurs, au contact avec le peuple sénégambien composite, vous serez admiratifs de la richesse et de la diversité de sa culture. Et dans la pure tradition africaine et de la Teranga sénégalaise, vos hôtes vous feront danser le Mbalakh, le Yela, le Ndawrabine, le Sawrouba, etc., au rythme du tamtam, de la kora, du balafon, du riti, etc. Avec le festival du Kankourang en Gambie, les Génies protecteurs sortiront de la forêt sacrée, non seulement pour danser et souhaiter la bienvenue aux amis de la nature, mais à leur manière, ils contribueront à la réussite du Paysage de l’année.

Après le premier voyage très réussi à travers le Paysage de l‘Année d’autres voyages sont déjà prévus. Quel est le rôle du tourisme pour la région et que faut-il pour que les populations puissent effectivement profiter du tourisme ?  
Le tourisme est un secteur porteur et profitable pour les populations locales. Il peut contribuer à maintenir la jeunesse dans le terroir et lutter contre l’émigration clandestine avec ses méfaits que constituent l’errance, la perte de vies humaines dans le désert et les océans, ainsi que l’esclavage des temps modernes en Lybie et dans d’autres pays.  
 Il faudrait néanmoins que ces populations soient soutenues et organisées pour qu’elles profitent réellement aux retombées du tourisme. A cet effet, il serait bien que des campements touristiques villageois soient créés, que les artistes locaux soient capacités pour créer des articles d’artisanat d’art à proposer aux visiteurs comme souvenir, que les femmes soient organisées et formées dans la production de produits maraichers, la restauration et la transformation des fruits et légumes et des céréales locales. 

Comme d’autres associations africaines d’Amis de la Nature, les Amis de la Nature du Sénégal connaissent depuis des années un développement très positif. Quelle est à ton avis la recette pour réussir l’avenir du mouvement des Amis de la Nature ? Et quelle est pour toi l’importance de l’internationalisme de notre mouvement ?
Il n’y a pas de recette miracle. Seul le travail paye. Il faut reconnaitre que nous avons bénéficié de trois facteurs cumulatifs de mon point de vue ; (1) l’encadrement d’un homme formidable, Feu le Président Alioune DIAGNE MBOR, dont la sagesse, la clairvoyance et la notoriété nous ont permis d’avoir un groupe soudé et de nous ouvrir beaucoup de portes ; (2) des membres compétents dans leurs spécialités respectives, dynamiques, engagés et volontaires ; (3) des partenaires sérieux, généreux, aussi engagés que nous, comme l’Internationale des Amis de la Nature (IAN), qui ont accepté de nous accompagner et de relever avec nous des défis. Personnellement je ne regrette pas d’avoir pris la liberté, dans le passé, de contacter la Fédération Française des Amis de la Nature et l’IAN pour un partenariat avec l’ASAN.  
L’internationalisme du mouvement des amis de la nature est très important, en ce sens que c’est la manifestation d’une vision commune partagée sur des valeurs, des missions et des initiatives concrètes de préservation de notre environnement, de lutte contre le changement climatique et la pauvreté, de promotion de l’écotourisme et de la solidarité internationale entre les peuples. Votre présence ici, en ces moments de tensions multiples perceptibles à travers le monde, contribuera sûrement à la compréhension mutuelle et au rapprochement des peuples, gage de la paix du monde. 

Association Sénégalaise des Amis de la Nature (Facebook)

(Février 2018) 


 

 

Petra MüllerPetra Müller | Vice-Présidente de l´IAN

Petra Müller est depuis longtemps Vice-Présidente de l’Internationale des Amis de la Nature et active pour les Amis de la Nature d’Allemagne. Début janvier elle a participé au lancement du premier Paysage de l’Année africain, transfrontalier entre le Sénégal et la Gambie. Dans l’entretien elle parle de ses impressions et expériences dans le cadre du travail international des Amis de la Nature.

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Petra, tu es chargée des affaires africaines des Amis de la Nature d’Allemagne (NFD). Pourquoi ceux-ci s’engagent-ils en Afrique ? Et comment se présente concrètement la collaboration entre les NFD et le Réseau Afrique des Amis de la Nature ? 
Les Amis de la Nature d’Allemagne entretiennent depuis bien des années des échanges intenses avec les organisations d’Amis de la Nature au Sénégal et au Togo. Les voyages d’Amis de la Nature dans ces pays ont été le point de départ de notre collaboration. Ils nous ont permis de connaître les activités de nos amies et amis dans les domaines de l’éducation environnementale, de la biodiversité et du changement climatique. Tous ces thèmes jouent aussi un grand rôle pour les NFD. Nos projets ont toujours aussi une dimension sociale, de sorte que les populations sur place en tirent un bénéfice concret.
Afin d’intensifier la coopération et de coordonner nos activités, nous avons créé en 2010 un Réseau Afrique-Europe des Amis de la Nature d’Allemagne. Le Réseau est ouvert à tous et toutes les Ami et Amies de la Nature et dispose d’une propre mailing list. Chaque année il y a un séminaire avec des représentants des fédérations africaines d’Amis de la Nature. Nous y abordons des thèmes d’un commun intérêt, par exemple la justice climatique, les organismes génétiquement modifiés ou l’accaparement de terres. D’autres thèmes sont l’échange d’expériences sur des projets que nous réalisons en commun, des rapports sur les activités de sections ou de groupes et l’évolution continue de notre collaboration. Lors du choix des lieux des séminaires nous associons également les sections locales, pour que les amis africains puissent aussi faire connaissance avec les activités locales des NFD.

Quels ont été / sont jusqu’ici les moments forts dans la coopération avec les Amis de la Nature en Afrique ?
C’étaient et ce sont toujours les rencontres directes avec les Amis de la Nature, dans le cadre de nos voyages en Afrique. L’engagement des jeunes dans les clubs environnementaux des Amis de la Nature, les entretiens avec les membres des cellules scolaires et des sections, sur leur travail concret, les progrès visibles et le développement des projets montrent que notre coopération est sur la bonne voie. 

Le 13 janvier a été lancé le Paysage de l’Année 2018/2019, au Sénégal et en Gambie – c’est le premier Paysage de l’Année en Afrique. À l’occasion du lancement, les Amis de la Nature ont organisé un voyage pilote de deux semaines au Sénégal et en Gambie, le « Tour d’horizon ». Quelle est à ton avis l’importance du développement du tourisme doux pour le développement durable de la région ?
Je pense que la région choisie est riche en potentialités pour le tourisme durable. À Janjanbureh (Gambie) notre partenaire, l’association « Just Act » forme par exemple des guides touristiques, pour le guidage en ville et dans la nature. Le fleuve Gambie se prête à des activités d’observation de la nature sur l’eau et depuis les rives. À Koungheul (Sénégal) il y a déjà de premières tentatives de randonnées accompagnées dans la nature, non loin de la route nationale vers le Sénégal oriental – plus développé en termes de tourisme. Il serait important  pour le développement d’un tourisme doux dans la région de développer des offres dans le Paysage de l’Année, susceptibles d’être mises en réseau avec les offres durables dans les régions voisines. Tout ceci joue un rôle important pour le développement durable, en termes économiques, structurels et culturels.

Tu as participé aux cérémonies de lancement du Paysage de l‘Année et au Tour d’Horizon. Quelles sont les impressions qui t’ont marquée le plus ? 
Ce sont plusieurs facteurs qui rendent la manifestation inoubliable. Nous avons pu vivre les énormes richesses culturelles de la région, avons vu le grand intérêt des acteurs locaux au Paysage de l’Année – et la participation des populations, au Sénégal et en Gambie, m’a vraiment impressionnée. 

Quelles sont à ton avis les chances qui s’ouvrent pour la région frontalière Sénégal/Gambie par le Paysage de l’Année ? Comment des groupes d’Amis de la Nature en dehors de l’Afrique peuvent-ils soutenir le développement positif de la région ?
Un point important est la mise en réseau des acteurs locaux. Il y a des deux côtés de la frontière des initiatives et collectifs, il ne faut pas réinventer la roue. Les chances dépendent clairement du développement de structures de communication et de plans d’action communs. Un premier pas important a déjà été fait, parce que la route entre le Sénégal et la Gambie a été rendue bien praticable. 
Un développement à long terme dans la région ne sera possible qu’en coopération avec les Amis de la Nature du Sénégal. Pour des groupements d’Amis de la Nature souhaitant s’engager il est important de se familiariser avec les activités des Amis de la Nature africains. Il serait positif si le plus grand nombre possible de groupes pouvaient aborder, en 2018 et 2019, les effets du changement climatique en Afrique et la justice climatique. Une autre possibilité est de promouvoir le Fonds de l’IAN pour le climat. Et, à plus long terme, des groupes et fédérations d’Amis de la Nature peuvent aussi soutenir la région en organisant leurs propres voyages. Les Amis de la Nature du Sénégal disposent d’une longue expérience dans le domaine de l’organisation de voyages pour des groupes d’Amis de la Nature et peuvent le cas échéant proposer leur assistance. 

NaturFreunde Deutschlands

(Janvier 2018)  



 

 

Manfred PilsManfred Pils | Président de l´IAN 

Le 21 octobre 2017, l’Autrichien Manfred Pils a été réélu Président de l’Internationale des Amis de la Nature par le Congrès de celle-ci, tenu à Lage Vuursche aux Pays-Bas. L’équipe de l’IAN le félicite sincèrement de cette réélection !

Dans notre conversation Manfred Pils parle de ses visions pour l’avenir du mouvement AN, des actuels défis et de ses objectifs personnels.  

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La 23e Conférence sur le climat vient de s’achever à Bonn. Le Congrès de l’IAN lui aussi a été placé sous la devise « Vivre la justice climatique ! Solidaires pour un bel avenir ! ». La protection du climat et la justice climatique sont des thèmes centraux du mouvement international des Amis de la Nature. Quels sont pour toi les défis majeurs dans ce contexte, comment pouvons-nous réussir la protection du climat sur le plan global ? Comment se présenterait un monde équitable en matière de climat ? Et quelle pourra être la contribution de l’Internationale des Amis de la Nature ?
Pour protéger le climat il faut qu’on s’attaque aux causes principales du changement climatique. Il s’agit en premier lieu de réduire radicalement les émissions de CO2 dans les pays industrialisés occidentaux et dans les pays émergents – ceci concerne en premier lieu la production énergétique, le trafic, l’industrie et le chauffage.
Les technologies existent, il faut seulement les appliquer, ce qui aura aussi des effets économiques positifs. Parallèlement il s’agit d’assister ceux qui, sans y avoir contribué, sont les premiers concernés par le changement climatique – à savoir les populations des pays du Sud global – afin d’en atténuer les conséquences négatives. Il s’agit par exemple de financer des projets de reboisement, des travaux pour stabiliser les zones côtières, des projets de distribution d’eau et d’irrigation, mais aussi des déplacements devenant nécessaires. 
Pour cela nous avons besoin de solidarité vécue au plan international, pour laquelle l’IAN s’engage et qu’elle se propose de promouvoir. Et bien entendu nous devons, en tant qu’Amis de la Nature, contribuer activement nous-mêmes à la justice climatique – ce que nous faisons déjà par le biais de plusieurs projets, par exemple par des reboisements au Sénégal et en Gambie, financés par le Fonds des Amis de la Nature pour le climat. 

Les Amis de la Nature font actuellement face à des défis majeurs. Pour bien des organisations membres de l’IAN des thèmes centraux sont l’entretien des chalets et des maisons et l’adaptation des activités aux nouvelles donnes de la société. En même temps beaucoup de fédérations sont confrontées à une diminution des recettes venant de cotisations et de subsides nationaux. Quelles sont tes visions pour que le mouvement AN puisse réussir dans l’avenir ?  
L’IAN est loin de vouloir donner de bons conseils à ses organisations membres. Mais ce qui nous unit ce sont l’utilisation durable de nos fondements de vie, les découvertes conviviales de la nature et l’internationalisme. Nous combinons les activités de loisir avec un engagement progressiste pour la société durable. Voilà les caractéristiques particulières de notre mouvement, sur lesquelles nous devons insister dans une mesure croissante. Si en nous dotant d’un profil moderne nous parvenons à intéresser du monde pour notre mouvement, celui-ci pourra se renouveler et devenir viable. 
 
À ton avis, comment l’Internationale des Amis de la Nature peut-elle contribuer à ce que ces visions deviennent réalité ? Et quels sont les objectifs que tu te proposes personnellement comme Président de l’Internationale des Amis de la Nature pour les trois prochaines années ?   
L’Internationale des Amis de la Nature est la fenêtre du mouvement AN vers le monde – elle a un rôle très important à jouer pour élargir le mouvement. La diversité des Amis de la Nature, la créativité et l’engagement de beaucoup de militants bénévoles sont les atouts du mouvement. Nous voulons promouvoir les échanges et l’enrichissement mutuel, mais souhaitons aussi montrer que l’internationalisme est une valeur capitale dans une société globale – pour chacun des adhérents, et aussi pour l’engagement politique des Amis de la Nature, par exemple dans nos actions pour la justice climatique. 
À une époque où la politique internationale est dans une mesure croissante marquée par les intérêts nationaux et où les valeurs fondamentales de notre société sont progressivement remises en question, l’IAN a besoin du plein soutien de ses fédérations membres – pour que nous puissions parler d’une une voix forte et nous faire entendre. Voilà ce qui sera au cœur de mon travail pendant les trois années à venir.  

(Novembre 2017) 


 

 

Henk SchaafHenk Schaaf | Président de NIVON (Amis de la Nature néerlandais) 

En novembre 2016 Henk Schaaf est en entré en fonction comme Président des Amis de la Nature des Pays-Bas (NIVON). Dans notre conversation, Henk parle des raisons de son engagement au sein des Amis de la Nature et de ses idées pour l’avenir de l’organisation.

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Qu’est-ce qui t’a motivé pour t’engager maintenant chez les Amis de la Nature ? 
On m’a d’abord demandé de m’engager dans la section de Rotterdam de NIVON (1200 adhérents). Peu après j’y ai été élu Secrétaire de section et plus tard je suis devenu Vice-Président. Nous avons organisé beaucoup d’activités nature et culture dans notre propre centre, par exemple une fête à l’occasion du 90e anniversaire de la section de Rotterdam, avec une participation très nombreuse. 
Désireux de rencontrer d’autres adhérents, j’ai participé à l’assemblée nationale de toutes les sections. Un membre du Bureau, responsable de la communication, s’est retiré et j’ai déclaré mon intérêt à ce poste. Quelques mois plus tard j’ai été élu membre du Bureau national. Depuis, nous essayons de rendre NIVON plus visible et d’améliorer notre notoriété : relations publiques, présence lors de foires, un magazine relooké, etc. Mais ce sont les actions ciblées qui sont encore plus importantes : gratuité pour les enfants logeant dans nos chalets et maisons ; bons pour un séjour gratuit en semaine, des actions pour économiser de l’énergie et beaucoup plus.

Grâce à ta riche expérience journalistique et politique, tu disposes d’une base excellente pour gérer les tâches complexes d’une des plus grandes organisations d’Amis de la Nature. Quelles sont tes priorités personnelles pour les prochaines années ? 
Grâce aux 40 ans d’expérience comme reporter de journal et porte-parole ministériel, il m’est facile d’approcher la presse ou des instances gouvernementales. J’ai par exemple réussi à inviter un important homme politique du pays à prononcer le discours inaugural à l’occasion du Congrès de l’IAN en octobre 2017. Et nous avons organisé une réunion au ministère des Affaires sociales en vue d’un financement nous permettant d’organiser de courtes vacances pour des enfants de parents pauvres. En acceptant la présidence de NIVON, j’ai exposé mes intentions ; dans les années à venir je veux renforcer les contacts internationaux, donner un nouveau souffle à NIVON Young, lancer des discussions sur des thèmes importants et défendre nos positions. Nous n’avons pas à écrire de longs documents nouveaux. Non, nous préférons l’action concrète et les solutions pratiques. Les Amis de la Nature de NIVON se trouvent en mode gagnant. Nous avons perdu des milliers d’adhérents pendant les dix années passées. Depuis maintenant six mois la courbe est ascendante. Un millier de nouveaux adhérents ! NIVON vit actuellement une vraie renaissance. 
 
Dans beaucoup de pays les Amis de la Nature sont surtout considérés comme une organisation de loisirs et de sports. Le travail politique ne joue pas le même rôle dans toutes les organisations nationales. Quelles sont tes idées pour le travail politique des Amis de la Nature ? 
NIVON a compté parmi les membres du « Fair and Green Deal » et a réussi à mobiliser les organisations membres de l’IAN et l’IAN même pour y participer. Il y a quelques mois, NIVON a intégré le National Energy Committee. Ce groupement d’intérêts a présenté un plan assorti de propositions pour une société sans énergies fossiles et a demandé au gouvernement néerlandais de l’adopter, dans l’esprit de l’Accord de Paris. Avant tout, NIVON est un lieu de rencontres amicales, également un endroit pour l’éducation des adultes et l’éducation sociale, tout comme un lieu de loisirs. NIVON n’est pas un club politique, mais beaucoup de ce que nous faisons peut avoir une dimension politique. À travers des débats et des projets nous souhaitons sensibiliser les gens pour le changement climatique, mais aussi pour des aspects liés à la paix, aux armes nucléaires et pour l’avenir d’un monde démocratique. Nos valeurs de base se lisent comme suit : « NIVON = honnête, vert, social et tolérant ». Nous partageons l’idéal d’une société basée sur la liberté, la justice et la solidarité, sur le socialisme démocratique. Est-ce donc politique ou non ?

Avec plus de 350 000 adhérents, le mouvement international des Amis de la Nature compte parmi les plus grandes ONG du monde. Nos valeurs de base, comme la solidarité et la justice globale, nous unissent dans nos réseaux, mais il est difficile de vivre ces valeurs et de les rendre palpables pour les adhérents. À ton avis, comment pouvons-nous dans les années à venir répondre à ces défis ? 
Comme je disais : être conscient, discuter, être actif dans beaucoup de réseaux. Faire partie d’initiatives nationales et internationales visant la durabilité. Écrire une déclaration de principes trois les trois ans revient aux responsables mais pas aux adhérents à la base. Mon conseil est qu’on soit pratiques. C’est ainsi que les adhérents comprendront ce que nous faisons, parce que l’approche est compréhensible et pas théorique.  

NIVON

(Septembre 2017)


 

 

Günther Abraham
© Fugler/Graz

Mag. Günter Abraham | Directeur exécutif des AN d’Autriche 

Depuis début juillet 2017 Günter Abraham est le nouveau Directeur exécutif des Amis de la Nature d’Autriche. Il succède à ce poste à Reinhard Dayer qui a dirigé la Fédération autrichienne avec beaucoup de succès pendant 44 ans.
En conversation avec Andrea Lichtenecker, Günter parle des motifs de son engagement pour les Amis de la Nature et de ses projets d’avenir.

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Tu as derrière toi une carrière riche en expériences. Qu’est ce que t’a motivé pour être candidat au poste de Directeur exécutif des Amis de la Nature d’Autriche ?
J’ai passé une enfance merveilleuse à Unzmarkt en Styrie. Mes parents sont de vrais amoureux de nature et ont transmis cet enthousiasme à leurs enfants. Les Amis de la Nature me passionnent comme un mouvement s’attachant à la sauvegarde de l’environnement tout comme à l’activité sportive dans la nature. Pendant mon activité professionnelle passée, dans le service environnemental du gouvernement régional de Styrie et dans l’ASKÖ, organisation faîtière sportive de Styrie, le sport et l’environnement ont toujours joué un rôle important. Les deux domaines m’intéressent beaucoup. Au moment de l’appel à candidature pour la direction fédérale des Amis de la Nature d’Autriche je savais que j’avais à suivre ma passion et j’ai donc postulé.
 
Dans la famille internationale des Amis de la Nature, la fédération autrichienne est celle aux effectifs les plus nombreux. A une époque où beaucoup d’autres fédérations d’Amis de la Nature ont à lutter contre des pertes d’effectifs, vous avez réussi en Autriche à conserver un nombre d’adhérents stable. Les Amis de la Nature d’Autriche ont néanmoins à relever d’importants défis – quelles sont tes priorités pour les années à venir ? 
Dès le début de ma nouvelle activité je me suis fixé plusieurs objectifs : j’aimerais tout faire pour que les Amis de la Nature soient plus attractifs pour toutes les générations, notamment pour les jeunes. Ma propre expérience m’a montré combien il est important de sensibiliser les enfants pour la nature et la protection de la nature, dès un âge précoce. Très souvent j’ai vu quel plaisir les enfants éprouvent en explorant et découvrant la nature comme espace de vie ! Je m’engagerai pour un apprentissage orienté vers la compétence – un apprentissage en plein air, dans la nature et avec elle. 
À coté de coopérations avec des écoles une autre priorité de mon action concernera le maintien de l’infrastructure alpine. Les Amis de la Nature s’occupent en Autriche d’environ 15 000 km de sentiers pédestres et gèrent près de 140 chalets. Entretenir ces énormes réseaux représente un enjeu à peine imaginable.
De nouvelles salles d’escalade et à boulder, des innovations dans le domaine technologique, des offres éducatives relatives à la protection de l’environnement et de la Nature, mais aussi une gestion moderne des chalets, pourront contribuer à rendre intéressante et souhaitable l’appartenance au mouvement des AN. L’esprit d’équipe et la collaboration nous permettront d’atteindre ce but ! 

Beaucoup considèrent les Amis de la Nature comme une simple association de loisirs et de randonnées. Le positionnement par rapport à des thèmes politiques ne joue pas le même rôle dans toutes les organisations membres, et les thèmes eux aussi varient – entre politique sociétale, libre échange et accès libre aux chemins et sentiers. Quelles sont tes idées pour le travail politique des Amis de la Nature ? 
Nous continuerons à défendre l’accès libre généralisé à la nature, la liberté d’accès aux sentiers de forêt et dans les régions alpines, indépendamment des moyens financiers des usagers. Il y a toujours à nouveau des conflits entre les désireux de détente et les propriétaires terriens. Dans nos publications et par notre présence dans les médias nous continuerons à faire connaître les bases légales et faire part de nos doléances là où nous l’estimons nécessaire. Nous défendons l’ouverture de chemins forestiers à tous les vététistes autrichiens – ceci étant déjà un fait juridique dans bien de nos pays voisins !
Les AN joueront aussi dans l’avenir leur rôle de défenseurs de l’homme et de la nature. Il ne faut pas limiter l’accès libre à la nature, donc aussi aux lacs autrichiens, mais l’élargir !
Notre salut « Berg frei! » est l’expression de notre lutte contre toute tentative d’amputer la liberté d’accès aux chemins et sentiers.

Dans ton discours inaugural tu t’es référé à un très beau proverbe africain : « Si tu veux aller vite, vas-y seul mais si tu veux aller loin, alors il faut y aller ensemble ». La compagnie, la communion n’est pas seulement un élément central des activités des Amis de la Nature, mais marque aussi la collaboration au sein du mouvement international. Quel est pour toi l’importance de l’internationalité dans le contexte du mouvement AN ? 
Je suis un Européen fervent. La collaboration dans une Europe unie est pour moi d’une très grande importance. La manière de travailler ensemble au sein de la famille, dans nos sections, dans les communes doit marquer à mon avis la coopération des Amis de la Nature dans un contexte international. Pour que nous marchions donc tous ensemble.

Naturfreunde Österreich

(Juillet 2017)


 

 

Fotos Urs Wüthrich_PelloliUrs Wüthrich-Pelloli | Président des Amis de la Nature Suisse

Depuis le 13 mai 2017 Urs Wüthrich-Pelloli est président des Amis de la Nature Suisse. Politicien de l’éducation et ancien Conseiller d’État, il a des plans ambitieux pour l’exercice de sa fonction. Dans notre entretien, Urs parle de ce qui le motive dans son engagement pour les Amis de la Nature et de ses idées pour l’avenir de l’association. 

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Tu as parcouru une longue carrière politique. Qu’est-ce qui t’a amené à t’engager maintenant pour les Amis de la Nature ?
En tant qu’individu je m’engage depuis longtemps pour un milieu intact et suis membre des Amis de la Nature depuis les années 1980. Mes rapports à cette association sont trois. D’une part le rapport historique, parce que les Amis de la Nature sont issus du mouvement ouvrier, où j’ai aussi mes racines. D’autre part le rapport sportif, parce que je m’engage pour le sport et aime la randonnée. Et finalement un rapport au niveau des valeurs, parce que je pense que des Amis de la Nature doivent aussi assumer une responsabilité pour celle-ci.

Beaucoup considèrent toujours les Amis de la Nature comme une simple association de loisirs et de randonnées. L’action politique n’est pas présente au même degré dans les différentes fédérations nationales. Et au plan national des thèmes très variés sont abordés – du nucléaire par le libre échange à la liberté d’accès aux chemins. Quelles sont tes idées pour l’action politique des Amis de la Nature ?
Il est pour moi indispensable que le mouvement des Amis de la Nature s’ingère de nouveau dans la politique en matière de nature et de paysages. Je ne veux explicitement pas dire que les Amis de la Nature doivent devenir un parti politique ou se laisser instrumentaliser par un parti. Mais ils doivent se donner de nouveau un profil politique clair et se positionner comme les alliés d’organisations s’engageant pour le développement durable et la sauvegarde de la nature.
 
Le Mouvement des Amis de la Nature vit actuellement des moments difficiles. Bien des fédérations nationales sont confrontées depuis des années à la baisse de leurs effectifs et à la perte de subsides publics – par exemple pour le maintien de leurs Maisons. Que comptes-tu faire dans ce domaine au plan national pour inverser cette tendance ?
Le développement de nos effectifs et la structure d’âge de plusieurs sections mettent en évidence de graves déficits au niveau de la relève. Il y a des sections qui montrent avec succès que le renouveau dans la continuité est possible. Je suis optimiste que leur succès pourra faire tâche d’huile.
Un thème très important est pour moi la gestion efficiente et viable de nos Maisons. Dans ce domaine nous avons à faire converger le bénévolat incontournable et l’ambition d’un professionnalisme accru. 
Et comme je l’ai déjà dit, une grande priorité pour moi personnellement sont le travail de fond et le positionnement politique des Amis de la Nature suisses. Je considère la dépolitisation de notre mouvement comme un développement fatal, synonyme de perte d’identité, de profil et d’originalité – nos idées et valeurs fondamentales resteraient ainsi des mots creux et des déclarations futiles.
 
Dans les années passées tu as occupé de nombreux postes internationaux, par exemple la direction de la délégation suisse et le présidium de la Commission franco-germano-suisse du Rhin Supérieur ainsi que la représentation de la Suisse au Congrès du Conseil de l’Europe et dans l’Assemblée des régions d’Europe. Quelle est la valeur que tu attaches à l’internationalisme – justement aussi dans le cadre du mouvement des Amis de la Nature ?

J’ai toujours vécu les rencontres transfrontalières comme un enrichissement et un fondement indispensable de la compréhension mutuelle. Ce ne sont que l’échange d’opinons et d’expériences et le respect de perspectives et horizons divers qui peuvent garantir le développement de la société et la stabilité. Dans un monde de plus en plus globalisé il s’impose d’autant plus que des mouvements comme les Amis de la Nature dépassent les frontières nationales et s’engagent dans des réseaux forts, si l’on veut que leur voix soit entendue par les décideurs internationaux. Par conséquent je félicite l’IAN de son action et me réjouis de pouvoir soutenir cet engagement par mes propres 

Naturfreunde Schweiz

(Mai 2017)