Des Amis et Amies de la Nature en conversation

 

Henk Nijhof | Président de NIVON (Amis de la Nature des Pays-Bas) Henk Nijhof

En avril 2021, Henk Nijhof a été élu nouveau président de NIVON, l’organisation néerlandaise des Amis de la Nature. Dans cette interview, il explique les motifs de son engagement auprès des Amis de la Nature, ainsi que ses priorités et sa vision.

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Tu as commencé ton engagement à un moment difficile où nous luttons tous contre les effets de la pandémie. Quelles sont les raisons de ton engagement auprès des Amis de la Nature ?
Mon parcours professionnel est axé sur l'amélioration de la gestion des entreprises et des institutions. Je pratique depuis longtemps la course de fond et je préfère passer mes vacances à vélo et en camping, j'aime donc la nature. Je ne connaissais guère NIVON jusqu'à il y a environ deux ans, mais je me suis reconnu dans les valeurs des Amis de la Nature. L'année dernière, j'étais « président » de la Maison des Amis de la Nature Den Broam à Buurse (à la frontière allemande). Bien sûr, la pandémie a causé de nombreux problèmes, mais elle a aussi été une occasion de changement et d'amélioration. Après tout, la pensée globale a changé et les gens sont retournés à la nature, près de leur lieu de vie.

Les ONG comme les Amis de la Nature sont très fortement touchées par les effets de la pandémie. Dans presque tous les pays, les Maisons des Amis de la Nature ont dû fermer, les activités ont dû être reportées ou ne pouvaient avoir lieu qu'avec de nombreuses restrictions. Dans quelle mesure la crise a-t-elle frappé NIVON ? Et quels sont les enseignements tirés après un an de Covid-19 ?
Bien sûr, la pandémie a également touché NIVON, comme tous les autres secteurs. Heureusement, notre situation financière est assez solide, donc nous survivrons. Comme je l'ai dit, il y a aussi des opportunités, notamment parce qu'il y a moins de voyages, les gens restant dans leur pays. Le fait que NIVON soit géré par des bénévoles contribue évidemment à réduire les coûts. La pandémie a également conduit à une réflexion sur les rapports des gens à leur environnement et au tourisme. Peut-être même favorise-t-elle la solidarité internationale ?

Les Amis de la Nature ont des priorités d’action très variées, aux niveaux national et régional. De nombreux groupes ou sections proposent des activités de loisirs attrayantes pour leurs adhérents et/ou gèrent des Maisons des Amis de la Nature, d'autres se concentrent sur l’action politique, bien que là aussi les sujets peuvent varier – allant de la protection de la nature et de l'environnement au travail pour la paix et aux droits humains. Quelles sont tes priorités personnelles ?
D'une certaine manière, il semble que NIVON ait perdu une partie de son identité et de ses valeurs passées. Nous devrions nous unir davantage en interne et rechercher des partenariats avec des ONG similaires, aux Pays-Bas et à l'étranger. Il s’agit de propager ce que nous sommes et de positionner notre marque ! De nous préparer pour l'avenir et nous réinventer sur la base de nos valeurs fondamentales. Nous devons être prêts pour une nouvelle décennie à partir de 2030 avec une plus grande solidarité internationale, le respect de la nature, l'égalité et la non-discrimination, le développement durable et les loisirs, tout ceci en étant abordables, accessibles et accueillants !

Avec plus de 350 000 adhérents individuels, le réseau international des Amis de la Nature compte parmi les plus grandes ONG au monde. Nous partageons des valeurs fondamentales, à savoir la solidarité et la justice globale, mais il est difficile de faire vivre ces valeurs et de les rendre perceptibles pour chaque adhérent. À ton avis, comment pouvons-nous relever ces défis dans les années à venir ?
Nous devons nous concentrer sur les jeunes, faire connaître nos valeurs et accroître la notoriété de la marque en général. Montrer les avantages d’une adhésion et proposer de se divertir tout en profitant de la nature ! Pour commencer on passera par la protection de l'environnement et par les activités en commun, comme le veut le slogan de NIVON « samen naar buiten » (« sortir ensemble »). En attendant, rappelons-nous les sages paroles de Sir Winston Churchill : « Le succès n'est pas définitif, l'échec n'est pas fatal ; c'est le courage de continuer qui compte ».

(Mai 2021)

Susi Raub-Vogler | Secrétaire internationale des Amis de la Nature de CalifornieSusi Raub

Susi Raub-Vogler est Secrétaire internationale des Amis de la Nature de Californie depuis 1999 et représente son organisation au sein du réseau international des Amis de la Nature. Dans cette interview, elle parle de sa motivation, de son travail pour les Amis de la Nature et de ses visions pour l'avenir.

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Tu joues un rôle actif au sein des Amis de la Nature en Californie depuis de nombreuses années – pourquoi es-tu engagée auprès des Amis de la Nature et qu'est-ce qui t’a motivée pour t’impliquer dans notre mouvement ?
C’est grâce à mes parents que je me suis rapprochée des Amis de la Nature en Californie. Ayant émigré d'Allemagne à San Francisco en 1960, leur besoin de compenser le choc culturel de la grande ville les a conduits au « Nature Friends Tourist Club » de San Francisco, créé en 1912 par des Autrichiens et des Allemands. Mes parents ont été contents de trouver ici ce qui leur semblait être un lien avec le « vieux pays » dans un cadre magnifique qui leur rappelait la Forêt-Noire.
Je suis donc en quelque sorte née dans ce Club et j'en suis membre depuis toujours. Mon père a été le Secrétaire international des Amis de la Nature de Californie pendant 28 ans, jusqu’en 1999, quand je l’ai remplacé à ce poste. Il allait de soi pour moi de continuer sur ses traces, car j'ai apprécié les bénéfices de l’appartenance au mouvement des Amis de la Nature, tout en profitant de l’expérience internationale de mon père. Je suis fermement convaincue que, afin d’agir pour un environnement sain, nous devons encourager des activités humaines et des communautés saines, et c'est ce que les Amis de la Nature proposent. Grâce à cette communauté d’esprit, nous pouvons motiver les gens à contribuer à préserver ce que nous apprécions tant – notre environnement naturel et la camaraderie. L'enrichissement que m’ont procuré les Amis de la Nature a été d’une valeur inestimable !

Les Amis de la Nature ont des centres d'intérêt très divers d’un pays à l’autre. De nombreux groupes organisent des activités de loisirs pour leurs adhérents et gèrent des Maisons des Amis de la Nature. Pour certaines organisations, l’action politique est également une priorité, qu'il s'agisse de faire pression pour une législation forte en matière de nature et d'environnement ou de travailler pour la paix et les droits humains. Quelles sont les priorités de ton organisation ?
Nous nous engageons en priorité pour l’exploration et la préservation de la nature, à travers l’expérience directe et la sensibilisation, afin de créer le bien-être au sein de la communauté, et pour la poursuite et le partage des traditions culturelles des fondateurs, conformément à leurs principes directeurs. Au fil du temps, notre organisation s'est diversifiée en termes humains et d'activités. Chacune de nos Maisons a acquis sa propre ambiance et sa propre culture, ce qui ajoute à la diversité et à l'intérêt de notre Club.
Mon rôle consiste principalement à la mise en réseau des membres du club et, occasionnellement, avec des acteurs extérieurs. J'ai également organisé et dirigé des activités. En outre, mon expérience au sein des Amis de la Nature m’a aidée dans travail d'animatrice d’activités de plein air et environnementales.

En raison de votre éloignement par rapport à l’Europe, où sont normalement organisées les conférences et rencontres internationales des Amis de la Nature, il est difficile pour vous et vos collègues d’y participer régulièrement. Vous considérez-vous néanmoins comme faisant partie d'un mouvement international ? Et que signifie pour toi l'internationalité ?
Eh bien, les réunions Zoom se sont révélées être un grand avantage puisque les organisations membres de notre mouvement dans les différents pays peuvent ainsi se rencontrer virtuellement et partager leurs activités ; avec en prime un impact environnemental réduit ! J'ai le sentiment que justement en ces temps de sensibilisation accrue au climat, nous faisons tous partie d'un mouvement international. Au niveau international, nous sommes reliés par l'environnement, par l'atmosphère, par les océans...  L’internationalité peut être perçue comme le moteur du mouvement international pour le climat, qui est à l'avant-garde des événements actuels. Nous sommes tous concernés et connectés – toutes les nations sont plus ou moins impactées par les actions des unes et des autres.
En tant qu'organisation, nous sommes une branche apolitique des Amis de la Nature originels, mais en tant qu’adhérents individuels, nous partageons les espoirs internationaux de réduire les crises climatiques et humaines, sans parler de toutes les espèces menacées sur la planète. Je suis persuadée que le Mouvement des Amis de la Nature est un véhicule de solidarité, contribuant au « discours sociétal » qui, face à la crise planétaire, s’impose de toute urgence. En tant que membres du Mouvement AN, nous sommes dans une position idéale pour faire avancer le mouvement pour le climat. Individuellement et en tant que collectif nous pouvons à tout moment prendre des décisions plus sages. La pandémie a permis une introspection précieuse de la société et mis en évidence le besoin fondamental de prendre soin de notre milieu, surtout des humains, et de nous acheminer ainsi vers une meilleure prise en charge de notre milieu de vie.

Au début de la pandémie, la solidarité – l’une des valeurs fondamentales des Amis de la Nature – était un sujet central dans le discours sociétal en Europe, mais au fur et à mesure que la crise durait, elle est passée de plus en plus au second plan. Quelle est la situation dans votre pays ? Et quel rôle peuvent jouer des ONG comme les Amis de la Nature pour faire de cette valeur une réalité ?
La solidarité aux Etats-Unis a été compromise sous notre précédente administration en raison du chaos que celle-ci a créé. Je pense qu'il y a un désavantage inhérent à vouloir obtenir la solidarité dans les grandes populations. Je pense également que la perte de solidarité est symptomatique de la méfiance à l'égard d'un nouveau défi de société tel que la pandémie. Les ONG comme les Amis de la Nature pourraient contribuer à générer un « discours sociétal ». La participation des adhérents est génératrice de collaboration et d’une « masse critique » potentielle, pour amener des changements. J'espère que la pandémie aura pu nous donner tout le temps pour reconnaître nos modes de vie non durables et malsains, et pour comprendre que nous devons réévaluer nos objectifs sociétaux et prendre conscience de la menace existentielle que nous avons inutilement fait peser sur nous-mêmes et sur le reste de notre planète. Bien que nos problèmes terrestres soient énormes et compliqués, nous pouvons trouver de l'espoir et un but, dans la sollicitude et l’affection.

(Avril 2021)

 

Clara Wengert | Vice-Présidente de l‘IANClara Wengert

Clara Wengert est membre du Bureau fédéral des Amis de la Nature d'Allemagne et, depuis le XXIVe   Congrès de l'IAN, également Vice-Présidente de l'IAN. Dans cette interview, elle parle de sa motivation pour s’engager chez les Amis de la Nature et de ses idées pour l'avenir.

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Tu t’engages depuis de nombreuses années pour les Amis de la Nature à différents niveaux. Comment as-tu fait connaissance avec les Amis de la Nature ? Et qu'est-ce qui t’a amenée à t’investir justement chez eux ?
J’ai eu mon premier contact avec les Amis de la Nature à l'âge de quatre ans, lorsque je participais aux réunions régulières d'un groupe d'enfants du quartier. Grâce à ce groupe, j'ai pu participer à diverses colonies de vacances dans mon pays et à l'étranger pendant mon enfance et plus tard, à l'adolescence, et faire beaucoup d’expériences qui m’ont profondément marquée. Par ma participation aux conférences nationales des Jeunes Amis de la Nature, j'ai eu la possibilité inattendue de pouvoir contribuer à la programmation de camps pour d'autres enfants et adolescents, en acceptant de diriger la Commission technique « Voyages et sport ». Deux ans plus tard, j'ai assurée en duo la direction, au niveau fédéral, des Jeunes Amis de la Nature d'Allemagne, avant d'être élue au Bureau fédéral des Amis de la Nature d'Allemagne en 2017.

Ce qui m’inspire dans ma fonction bénévole, ce sont les idées et les valeurs des Amis de la Nature, une conception de la durabilité comprenant toutes ses dimensions et la nécessité de contribuer à organiser la société à travers la transformation socio-écologique.

Jusqu'en 2016, tu as dirigé au niveau national les jeunes Amis de la Nature d’Allemagne. En tant que directrice exécutive de l’Alliance des organisations de jeunesse allemandes (« Bundesjugendring »), tu abordes également des thèmes touchant la jeunesse. De quoi dépend pour toi le succès de l’animation et quelles sont à ton avis les plus grandes opportunités et les plus grands défis à l'heure actuelle – notamment au vu de la crise de la Covid-19 ?
Travailler avec succès avec et pour les jeunes signifie pour moi, faire partie d’une association de jeunes indépendante dans la mise en œuvre des thèmes qui intéressent le mouvement des Amis de la Nature. L'élément principal est l’animation jeunes au plan local, permettant aux jeunes de gérer leur environnement, de défendre leurs intérêts et de se divertir ensemble, à travers des activités de groupe régulières, des camps de vacances ou des campagnes diverses.

La crise de la Covid-19 prive le travail actif des associations de jeunesse en Allemagne de la diversité de formats qui est si importante. Les contacts peuvent être maintenus à court terme par le biais de rencontres en ligne, mais le travail « normal » avec les jeunes n'est pas possible. Actuellement, le grand défi se pose de maintenir les groupes en vie et de proposer quelque-chose aux jeunes, malgré toutes les difficultés.

En même temps, la pandémie et ses restrictions nous obligent à fixer de nouvelles priorités. Nous pouvons ainsi nous arrêter un moment pour repenser notre parcours, et la politique et la société pourraient être amenées à prendre enfin les mesures nécessaires et urgentes dans le sens de modes de vie plus respectueux de l'environnement. Les problèmes sociaux tels que la pauvreté, l'emploi précaire ou l'inégalité des chances sont également exacerbés par la crise et font donc l'objet d'une attention politique croissante. Peut-être parviendrons-nous à changer réellement de cap vers une société plus solidaire. 

Les Amis de la Nature d'Allemagne sont très actifs au niveau international, par exemple dans le cadre du réseau NaturFreunde Global. Quelle importance revêt pour toi l'internationalité dans le cadre du mouvement des Amis de la Nature ?
L'internationalité est une composante fondamentale du mouvement des Amis de la Nature. Depuis le début, les Amis de la Nature ont réalisé des activités internationales à tous les niveaux du mouvement. De nombreux groupes locaux ont des contacts directs avec des groupes locaux dans d'autres pays européens, mais aussi dans des pays africains ou en Amérique du Sud. Les activités avec nos partenaires au Sénégal, au Togo et en Gambie sont actuellement un pilier important du travail des Amis de la Nature d’Allemagne. La coopération entre pairs, telle que nous la concevons, permet un échange international très actif pour les deux parties, mais rend aussi les Amis de la Nature plus visibles en Allemagne, comme acteurs dans ce domaine.

La solidarité est l'un des objectifs premiers des Amis de la Nature. Nous essayons de contribuer à la solidarité internationale à travers plusieurs initiatives concrètes, comme le Paysage de l'Année au Sénégal et en Gambie ou les différents projets du Fonds pour le climat, et nous défendons également la solidarité au niveau politique. Au début de la pandémie, la solidarité était également un thème central du discours social, mais à mesure que la crise se prolongeait, elle est passée de plus en plus au second plan. Quel rôle peuvent à ton avis jouer des ONG comme les Amis de la Nature dans la situation actuelle ? Et comment pouvons-nous contribuer efficacement à plus de solidarité en ce moment précis ?
Il est en effet frappant de constater qu'au début de la pandémie, l'intérêt et l'attention des médias se sont portés sur l'évolution de la situation à l'échelle mondiale et qu'une grande solidarité internationale s'est manifestée. Il était clair à tout moment qu'une telle pandémie ne peut être surmontée qu'ensemble. Malheureusement, cet objectif a rapidement été perdu de vue. La fermeture des frontières et la suspension des liaisons ferroviaires et aériennes, même avec nos pays voisins, auraient été inimaginables peu de temps auparavant.

Je pense que les ONG ont actuellement une fonction importante en tant qu'acteurs sociaux. Elles attirent l'attention sur la situation et exigent des solutions politiques. Les Amis de la Nature continuent donc à proposer quelque-chose à leurs adhérents, mais de plus en plus dans l'espace numérique. Ils disent clairement que les taux d'incidence ne doivent pas être l’unique thème et que la solidarité doit continuer à être vécue dans des contextes tant nationaux qu'internationaux. Lorsque les États se replient de plus en plus sur un mode de pensée national, les Amis de la Nature doivent continuer à mettre le doigt dans la plaie. Même si des rencontres personnelles ne sont pas possibles pour le moment, la solidarité au sein des groupes des Amis de la Nature est possible à un niveau personnel, par exemple par des actions téléphoniques ou un soutien dans la vie quotidienne.

Dans le contexte international, notre première priorité pour l'instant est de maintenir en vie les structures et les programmes existants, de soutenir politiquement que la logique nationale ne mène pas au but ; et nous avons à assurer qu’un nouveau départ soit possible et à veiller à ce que ne soient sacrifiées trop de choses ou ne puissent tout simplement pas survivre à la pandémie.

(Mars 2021)

 

 

Wilfried Meulenbergs | Vice-président de l'IANWilfried Meulenbergs

Wilfried Meulenbergs a été élu Vice-président de l’IAN par le XXIVe Congrès de l’IAN, le 28 novembre 2020. Il est actif pour les Amis de la Nature depuis de nombreuses années – tant pour l'association flamande ATB « De Natuurvrienden » qu'au niveau international. Dans cette interview, l'alpiniste passionné parle de son engagement et de ses idées et visions pour le travail des Amis de la Nature.

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Comment as-tu fait connaissance avec les Amis de la Nature ? Et pourquoi as-tu décidé de participer activement au travail de notre mouvement ?
Ce fut lors d'une randonnée périlleuse dans les Lechtaler Alpen (Autriche) que j'ai rencontré mon premier Ami de la Nature, qui nous a conseillé de suivre un entraînement d'alpinisme, afin de rendre la prochaine randonnée un peu moins aventureuse. J'ai donc fini par rejoindre le Stage de formation et la Master Class Marche sur glace, à la Hochgebirgschule (École d’alpinisme) Glockner-Kaprun de Fritz Moravac. Ce fut le début de rencontres régulières avec de grands Amis de la Nature et de l'exploration de merveilleuses montagnes du monde entier.
Après avoir terminé ma formation de guide de montagne en Suisse, j'ai rejoint les Amis de la Nature belges et suis devenu leur formateur et finalement leur responsable technique. Comme l'alpinisme m'avait déjà appris la joie et les bénéfices des amitiés internationales, j'ai été heureux quand ATB-Natuurvrienden m'a donné l'opportunité de m'engager formellement dans l'IAN, d'abord comme expert en alpinisme et ensuite comme membre du Bureau.

Les Amis de la Nature ont des intérêts très divers aux niveaux national et régional. De nombreux groupes développent des activités de loisirs attrayantes pour leurs membres et/ou gèrent des Maisons des Amis de la Nature. Un thème central est aussi l’action politique pour les thèmes des Amis de la Nature – de la protection de la nature et de l'environnement à la défense de la paix et des droits humains. Quelles sont tes priorités personnelles ?
Je me suis rapproché des Amis de la Nature à travers mes deux principales passions : l'amour de la nature (surtout des montagnes) et la joie de rencontrer des gens de cultures différentes. Au sein des Amis de la Nature, j'ai découvert une dimension supplémentaire : la dimension sociale. Notre slogan « Berg frei ! » m'a vraiment frappé, et je réalise maintenant que ces mots simples et la poignée de main de notre emblème ont une signification profonde et très importante. De plus, j'ai appris que ma passion pour l'alpinisme et les voyages ne peut être vécue sans respect pour la nature et les gens, et que la durabilité est le mot clé de notre avenir. Ainsi, les formations et les expéditions que j'aide à organiser au sein de notre organisation ne sont pas du tout uniquement axées sur l’« alpinisme », mais sur la nature, la durabilité, le respect, la solidarité, ...
Et c'est là que se situent mes priorités dans le travail avec les gens dans le cadre de nos activités : les faire profiter de la bonne vie simple, proche de la nature, s'entraider sur la piste, l'amitié et la solidarité étant bien plus importantes que d'atteindre un sommet ou n’importe quel objectif prestigieux ! En cela, nous, les Amis de la Nature, sommes une « marque » unique dans le monde de l'outdoor, notre mission n'est pas de gagner plus d'argent, d'avoir plus d’adhérents, mais de partager nos valeurs fortes avec nos participants et nos adhérents.

L’internationalisme et la solidarité sont des valeurs centrales du mouvement des Amis de la Nature, qui nous distinguent aussi de beaucoup d’autres « organisations de loisirs ». Quelle est l’importance pour ton association ATB « De Natuurvrienden » de faire partie du mouvement international des Amis de la Nature ? Et comment vos adhérents perçoivent-ils les valeurs traditionnelles des Amis de la Nature ?
Je continue à entendre (et à lire dans les fiches d'évaluation) de la part des participants que ce qu'ils vivent dans nos activités et formations est vraiment différent de ce qu'ils ont vécu dans d'autres organisations de loisirs. L'alpinisme a tendance à contenir beaucoup de machisme, de compétition et d'héroïsme. Rien de tout cela ne se retrouve dans nos activités. Nos formateurs sont des « guides accompagnateurs » au lieu de machos qui tirent sur des cordes. Les participants à nos groupes se serrent les coudes, s'entraident. Dans nos camps nous préparons (ensemble) de la nourriture saine, nous campons dans un environnement propre, nous n'exploitons pas la nature mais la respectons tout en y étant, ... Encore et encore, les gens deviennent des hôtes enthousiastes des Maisons des Amis de la Nature, même après une seule nuit dans une des belles Maisons de notre réseau international. Et dès qu’ils apprennent que nous avons des amis (de la Nature) en Afrique et même de l'autre côté de l'océan, ils s'émerveillent et se sentent heureux de rejoindre ce mouvement qui travaille pour un monde meilleur où il fait bon vivre...

La COVID-19 a fortement limité le travail des Amis de la Nature au cours de l'année passée. Beaucoup de Maisons des Amis de la Nature ont dû fermer, les voyages communs et d’autres activités ont dû être annulés. Malheureusement la fin de la pandémie ne se dessine pas pour le moment. Quels sont pour toi les enjeux et les chances particuliers pour les Amis de la Nature dans la situation actuelle ?
Même si ma famille, mes amis et moi-même souffrons nous aussi de la perte de possibilités, en raison des restrictions de la COVID-19, je considère cela comme un avertissement (en plus d’autres) : nous sommes vulnérables, le paradigme capitaliste de la croissance n'est PAS du tout durable. Même dans cette crise, nous voyons à nouveau l'impitoyable « effet Matthieu » * : les plus vulnérables souffrent le plus, les travailleurs manuels perdent leur emploi, les plus instruits peuvent travailler à domicile, l'Occident achète des vaccins à n’importe quel prix, mais les pays pauvres sont laissés pour compte ; dans les camps de réfugiés des îles, les gens vivent dans des conditions de plus en plus difficiles, ...
Une fois de plus, nous, les Amis de la Nature, devons nous élever pour plus de solidarité et de durabilité. Il nous faudra trouver des solutions originales, et non pas reprendre nos activités comme si de rien n'était. Ceci a besoin de réflexion et de planification : Comment pouvons-nous ouvrir davantage nos activités aux personnes vulnérables d'aujourd'hui (en Belgique, les migrants et les réfugiés, et en particulier les dits « sans-papiers », sont les plus vulnérables) ? Il y a 100 ans, nos fondateurs ont travaillé à faire sortir les travailleurs démunis « des usines et des villes sales » pour leur permettre de profiter de la nature : aujourd'hui, d'autres groupes sont démunis. Pourquoi ne pas, par exemple, leur ouvrir nos Maisons en suivant et en nous souvenant de notre « Berg frei » !

(février 2021)

* Matthieu, 25/29 : Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.

 

 

 

Ursula Vetter | Vice-Présidente de l’IAN

Ursula VetterUrsula Vetter fait partie du Bureau de l'IAN en tant que Vice-présidente depuis le XXIVe Congrès de l'IAN, tenu le 28 novembre 2020. Ursula, née en Allemagne, est active depuis de nombreuses années pour les Amis de la Nature d’Italie et parle de ses projets et idées pour le travail international des Amis de la Nature.

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Ursula, tu t’engages depuis de nombreuses années pour les Amis de la Nature d’Italie. Comment as-tu fait connaissance avec les Amis de la Nature ? Et comment se fait-il que tu souhaites maintenant travailler aussi pour les Amis de la Nature au niveau international ?
J'ai fait connaissance avec le mouvement des Amis de la Nature dès mon arrivée en Italie en 1998. À cette époque, je venais de Paris où j'avais enseigné dans une école Waldorf pendant plus de dix ans, et je me sentais plus attirée par la culture que par la nature. Du fait que j’étais la partenaire de Luciano Busdraghi, pour qui la Maison des Amis de la Nature Gran Pino et le mouvement des Amis de la Nature jouaient un rôle central dans sa vie, les Amis de la Nature m'ont également accompagné dans mon intégration en Italie. Après la naissance de notre fille en 2005, j'ai commencé à connaître et à apprécier l'importance d'une communauté stable, d’activités en plein air et du contact direct avec la nature.

Depuis 2017, je suis membre du Conseil d'administration des Amis de la Nature italiens (GIAN). L'un de nos principaux objectifs est de ne plus nous concentrer en premier lieu sur les Maisons, mais de nous faire connaître au niveau national et de développer ainsi une communauté au-delà des différences géographiques et sociologiques. Dès le début, j'ai été enthousiaste sur la façon dont les sections italiennes entretiennent des partenariats avec des personnes en Amérique, en Afrique et dans des pays des Balkans – ainsi que par le fait que le mouvement italien est né grâce à l'initiative des Amis de la Nature français.

L'amitié, le partenariat, les rencontres internationales sont au cœur du mouvement international des Amis de la Nature. Voilà ce qui me correspond tout à fait, en tant qu'Allemande qui considère la France comme une patrie et qui vit maintenant en Italie depuis plus de 20 ans. Un autre pas vers l'IAN a été pour moi la rencontre avec l'Internationale des Jeunes Amis de la Nature en 2018, à la Maison des Amis de la Nature Gran Pino à Cecina. Nous avons tous et toutes été impressionné/e/s par l'atmosphère dynamique, engagée, chaleureuse et internationale que ces jeunes gens enthousiastes ont amenée avec eux.

Les Amis de la Nature ont des intérêts très divers aux niveaux national et régional. De nombreux groupes développent des activités de loisirs attrayantes pour leurs membres et/ou gèrent des Maisons des Amis de la Nature, d'autres se concentrent sur l’action politique, bien que là aussi les sujets varient – de la protection de la nature et de l'environnement à la défense de la paix et des droits humains. Quelles sont tes priorités personnelles ?
Ces dernières années, j'ai pris de plus en plus conscience de l'importance et de la pertinence du logo des Amis de la Nature, les deux mains de couleurs différentes se serrant dans une poignée de main ferme. Il y a des différences entre les gens, mais la solution réside dans la rencontre, dans le respect, la reconnaissance et le soutien de chacun. Le respect de l'environnement, mais aussi un comportement responsable vis-à-vis les autres êtres humains, sont les valeurs fondamentales de l'IAN auxquelles j’adhère et pour lesquelles je m‘engage. Il ne s'agit plus seulement de la montagne et de l'Europe, mais du monde entier – même la mer est libre !

Mes priorités personnelles résident clairement dans les rencontres respectueuses. Cela peut bien sûr se faire lors de voyages, de séminaires et autres occasions, mais c'est surtout dans les Maisons des Amis de la Nature que cela se passe, où se rencontrent des personnes d'horizons et d'intérêts différents. Ce respect à petite échelle, dans le microcosme de la Maison des Amis de la Nature, trouve son reflet à grande échelle, dans le macrocosme du globe. Nous vivons dans un monde globalisé. Nous avons à veiller à ce que celui-ci ne soit pas laissé aux multinationales, mais que nos rapports soient basés sur les échanges, la coopération et le soutien mutuel, surtout parce que nous sommes une organisation travaillant aux niveaux local et national ainsi qu'à échelle internationale.

La COVID-19 a fortement limité le travail des Amis de la Nature au cours de l'année passée. Les activités dans la nature n'étaient souvent autorisées qu’en individuel ou avec la famille, les Maisons des Amis de la Nature ont dû fermer, les voyages communs ont été annulés, les réunions n'étaient souvent possibles qu'au niveau virtuel. L'avenir est incertain, mais il est clair que la pandémie sera présente pendant longtemps. Quel rôle vois-tu pour les ONG comme les Amis de la Nature dans la situation actuelle ?
Dans la situation actuelle, il est particulièrement important de créer des moments de rencontre interpersonnelle aussi souvent que possible et d'utiliser tous les créneaux pour les rendre possibles. Les activités de plein air sont autorisées dans de nombreux pays, nous avons appris à gérer les masques, les distances et les mesures d'hygiène. Partout où nous voyons une opportunité de rencontre interpersonnelle, nous devons la saisir, que ce soit au niveau local, national ou international. Nous avons appris à communiquer les uns avec les autres de manière virtuelle et dans de nombreux cas, cela a même contribué à une intensification des contacts. Cependant, nous ne devons pas nous laisser tromper : Ce mode de communication conduit les gens à l’isolement progressif.

Avec plus de 350 000 membres, les Amis de la Nature sont l'une des plus grandes ONG au monde. Ce qui nous unit, ce sont nos valeurs communes telles que la solidarité et la justice mondiale, que nous mettons en pratique dans le cadre d'activités internationales comme le Paysage de l'Année ou le Fonds des Amis de la Nature pour le climat. Néanmoins, il est souvent difficile pour nous d'atteindre les membres individuels, les adhérents, et de les motiver à participer à des activités internationales. As-tu des idées sur la manière dont nous pourrions réussir à impliquer davantage les adhérents ?
Un point est certainement l'information directe : chaque adhérent/e devrait également être informé/e des activités de l'IAN au niveau local. A ce niveau-là, la crise sanitaire actuelle nous a permis de faire des progrès ; les médias sociaux sont suivis de plus près et le contact direct avec les adhérents individuels est devenu plus facile. Cependant, puisque nous sommes un mouvement basé sur des groupes locaux et que le but est de les sensibiliser, nous devrions essayer d'inviter les groupes locaux à regarder au-delà de leur Maison, de leur localité et à se sentir partie intégrante d'un grand mouvement. Une première étape pourraient être des partenariats entre des groupes locaux de différents pays ; des visites réciproques, des actions communes aboutiront à des contacts personnels, créeront une conscience d'appartenir à la même « famille » et donc de s'intéresser également aux préoccupations de cette famille.

(janvier 2021)

Moussa Traoré | Président des Amis de la Nature du Mali

Moussa Traoré

Il y a quelques semaines, la construction du magasin de stockage pour produits agricoles a été officiellement achevée dans la commune rurale de Finkolo. Le nouvel entrepôt financé par des dons au Fonds des Amis de la Nature pour le climat, permet de stocker les produits agricoles dans des conditions hygiéniques. Moussa Traoré, Président des Amis de la Nature du Mali, nous explique dans une interview pourquoi la construction du magasin s'imposait d'urgence, comment la population de Finkolo a réagi par rapport au projet et comment des réussites sont possibles même avec des projets relativement modestes.

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Les Amis de la Nature du Mali sont actifs à Finkolo depuis de nombreuses années et soutiennent l'agriculture régionale, spécialisée dans le maraîchage. Pourquoi fallait-il un magasin ?
En raison du changement climatique, les périodes de sécheresse se multiplient. Il n'y a plus de saison de pluies régulières. Parfois une récolte est totalement perdue. Dans le nouveau magasin, les produits agricoles peuvent être stockés pendant une plus longue période, ce qui permet aux populations de mieux survivre aux périodes de sécheresse et de mieux commercialiser leurs produits agricoles avec moins de pertes.

Le projet à Finkolo a été mis en œuvre en peu de temps grâce aux nombreux dons des Amis de la Nature européens. Que signifie le projet pour les populations de Finkolo ? Quelles ont été leurs réactions ?
Je profite de cette interview pour remercier les donateurs, les Amis de la Nature européens. Ce n'était pas évident au départ que ce projet de construction du magasin de stockage soit financé, vu la crise sécuritaire qui prévaut au Mali. Merci pour votre confiance !

Pour répondre à votre question :
Le projet signifie pour les populations de Finkolo une aide, un soutien, un appui pour amorcer le développement durable. La réalisation de ce projet a suscité en elles un sentiment de joie, de satisfaction et d'abnégation. Elles sont sûres maintenant que leurs produits agricoles seront mieux conservés contre les méfaits du réchauffement climatique, motivées davantage dans leur activité maraîchère, principale source de revenus. Je vous promets que l'impact de ce projet réalisé se fera sentir positivement sur la productivité agricole de ces braves femmes !

Je remercie donc tous les Amis de la Nature de leurs dons pour des populations qui ont tant besoin. Ces dons appuient fortement les bénéficiaires, les motivent et leur donnent beaucoup d'espoir.

En Europe, la plupart des gens ne savent pas grand-chose de la vie au Mali. Comment fonctionne le travail pour une organisation comme les Amis de la Nature dans votre pays ? Quelles sont vos priorités ?
Notre organisation 2ADIB-MALI/AMIS DE LA NATURE est une association qui fonctionne grâce aux statuts et règlements. Le bureau exécutif mis en place par l'assemblée générale, l'instance  suprême de l'association, priorise ses activités lors de ses différentes réunions au cours de l'année.

Nous œuvrons dans le domaine humanitaire, de la protection de la nature et de l'environnement partout où la sécurité est garantie sur le territoire du Mali. Nous priorisons :

•    la protection de la nature et de l'environnement
•    la lutte pour le développement durable
•    la lutte contre la pauvreté
•    la lutte pour l'éducation primaire pour tous.
•    l’organisation de camps chantiers pour tous les volontaires du monde en vue de la promotion de l'éco-tourisme.

Vous êtes actif en tant que président des Amis de la Nature du MALI depuis très longtemps. Qu'est -ce qui vous motive particulièrement pour votre activité ?
Trois points me motivent pour mon activité :
1.    lutter contre la pauvreté
2.    lutter contre le réchauffement climatique, un fléau social
3.    donner du sourire à ceux qui en ont besoin à travers des aides.

D’une manière générale je souhaite me rendre utile à la société à chaque fois que cela est nécessaire ! Mon grand-père me disait ceci autour du feu pendant la nuit : « Mon petit-fils : prends soin toujours de toi, sois utile à chaque fois que la nécessité s'impose, profite bien de cette belle vie car elle est courte, et tâche de ne pas mourir gratuitement ».

(mai 2020)

Plus d´informations sur le projet


 

Kostas Foteinakis |  Président des Amis de la Nature Grèce

©Kostas Foteinakis/Naturefriends Greece

Kostas Foteinakis est cofondateur et président des Amis de la Nature Grèce depuis 2012. Dans l'interview, il donne un aperçu du travail des Amis de la Nature Grèce et de la manière dont ils gèrent la situation économique difficile dans le pays.

 

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Depuis combien de temps fais-tu partie des Amis de la Nature, quel est ton rôle et pourquoi t’es-tu impliqué ?
Je suis l'un des membres fondateurs de Naturefriends Greece (NFGR), à savoir depuis 2007. Un an plus tard, en 2008, les NFGR sont devenus membre à part entière de l'IAN. À l'époque, je présidais un groupe écologique local et nous voulions entrer en contact et coopérer avec une organisation environnementale européenne ou internationale, car nous pensions que les grands thèmes environnementaux et sociaux, tels que le changement climatique, les droits humains, le droit au travail et à l'éducation, le développement démocratique, durable et équitable, la préservation du patrimoine culturel mondial et la biodiversité doivent être abordés non seulement au niveau local ou national mais aussi au niveau européen et international.

En 2007, nous avons mené des recherches sur les organisations environnementales qui ont des spécificités sociales et politiques et avons constaté que l'IAN répondait à nos attentes. En 2007, un processus pour mettre en place des Amis de la Nature en Grèce a été initié par d'autres organisations de notre pays. Nous les avons donc contactées et j'ai signé, en tant que membre fondateur, la constitution juridique de l'organisation. De 2008 à 2012, j'ai été membre du conseil d'administration et depuis 2012, je préside l'organisation.
Si les thèmes qui nous ont incités à rejoindre l'IAN sont toujours pertinents, d’autres se sont ajoutés : par exemple la migration, la montée de l'extrême droite, etc

Les Amis de la Nature de Grèce comptent parmi les petites organisations membres, mais aussi parmi les plus actives, en particulier sur les médias sociaux. Quelle est l'importance du réseau international pour votre travail et comment nous soutenons-nous mutuellement aussi en ligne ?
Travailler avec l’IAN et utiliser les documents de synthèse, les avis, etc. de l'organisation nous est particulièrement utile. Bon nombre d’informations, de résolutions et de communiqués de presse de l'IAN sont traduits dans notre langue. Deux exemples récents sont : a) Respecter les droits humains –également dans le tourisme ! et b) la résolution de la dernière conférence de l'IAN « Le changement climatique est la vraie menace, et non la migration ».

Nous avons également traduit le récent Manifeste des Green 10 pour les élections européennes https://bit.ly/2x4i02G et la Déclaration de Berlin « Transformer le tourisme » (Résumé) https://bit.ly/2N0bMMl. Nous pensons que s'il n'y avait pas eu la coopération entre l'IAN et les NFGR, les Grecs n'auraient connu ni le Manifeste, ni la Déclaration ni de nombreux autres documents utiles.
Parallèlement, les NFGR collaborent avec d'autres organisations et réseaux européens. L'un d'entre eux est le réseau Seattle-Bruxelles / S2B travaillant sur les accords commerciaux de l'Union européenne avec d'autres pays ou groupes de pays, tels que l'accord commercial entre l'UE et le Canada, le CETA.

La Grèce a connu des années difficiles, avec une économie en difficulté et des coupes financières massives. Quelles en sont les conséquences pour une organisation comme les Amis de la Nature ? Comment avez-vous surmonté ces difficultés ?
C'est un fait que les coupes économiques et les mesures sévères ont en partie affecté notre organisation. Ce qui a joué et joue encore un rôle dans chaque groupe et organisation, et pas seulement dans notre organisation, c'est l'incertitude sur leur avenir et les autres priorités que la société se fixe pour survivre, comme le chômage (de 27% à 19%), les dettes auprès des banques, l'État providence, la crise des réfugiés, les retraites, etc.
Cependant, même en période de crise politique et sociale intense, l'intérêt des citoyens grecs pour l'environnement, tel qu'il ressort des enquêtes d'EUROSTAT, est l'un des plus élevés de l'UE, même si l’on admet qu’il y a une différence entre les déclarations de volonté et l’actions.

Dans ces circonstances politiques et sociales, les NFGR ont tout d'abord réduit de 80 % les cotisations à des catégories particulières de chômeurs, de sous-employés, etc. En même temps, nous avons développé des actions de solidarité, non seulement envers nos membres, mais aussi envers ceux qui sont dans le besoin. Le climat défavorable a influencé, mais n'a pas suspendu, le fonctionnement des NFGR. Et nous, le groupe de direction, avons développé un sentiment de responsabilité et de partage, ce qui se reflète aussi dans notre action.

Les Amis de la Nature de Grèce se concentrent particulièrement sur le travail politique. Quels sont ici les domaines principaux de votre action et pourquoi sont-ils importants pour vous en tant qu'Amis de la Nature ?
Les NFGR ont voté leur programme opérationnel 2018-2022 sous le titre « L'avenir appartient à ceux qui le préparent aujourd'hui". C'est une phrase bien connue du militant afro-américain pour les droits politiques, Malcolm X. (le résumé est disponible en anglais sous http://joom.ag/LF4Y).

Nous sommes particulièrement actifs dans les domaines suivants :

  1. Nous participons à la consultation publique sur les projets de loi relatifs à l'environnement et à d'autres thèmes tels que le tourisme, le développement durable, etc. Nous faisons appel à nos bénévoles pour préparer des propositions. L'intervention la plus récente concerne la planification énergétique et le changement climatique. Cette action n'est pas particulièrement visible pour la société et semble inconnue des membres des AN en Europe et dans le monde. Les interventions ne sont pas seulement de nature juridique et technique, mais ont aussi des implications sociales.
  2. Les AN de Grèce sont les principaux acteurs dans le mouvement STOP TTIP CETA TiSA et en même temps l’administrateur pour les médias sociaux du mouvement (blogs, Facebook, etc.).
  3. Nous participons en tant que membres de la société civile aux commissions spéciales du Parlement sur l'environnement et le commerce.
  4. Nous soutenons les principales luttes contre l'extraction d’or en Chalcidique et d’hydrocarbures à travers la Grèce.
  5. À l’occasion des Journées Mondiales nous organisons des actions pour faire connaitre nos positions.  Nous proposons des visites en plein air dans les parcs et les espaces naturels, par exemple des promenades pendant la Journée mondiale des zones humides, la Journée mondiale des montagnes, etc.
  6. Nous adhérons aux 17 ODD, même si beaucoup dans notre pays les considèrent comme « liste de souhaits ». Nous en faisons la promotion, les considérant comme revendications.
  7. Nos grandes faiblesses sont a) le petit nombre d’adhérents et le manque de ressources financières qui en résulte, et b) le faible nombre de jeunes, etc.
  8. Notre grande force, ce sont nos adhérents, nos bénévoles et nos partenaires.

Je profite de  l'occasion de cette interview pour vous informer que, parallèlement aux autres actions, les Amis de la Nature de Grèce mettent en œuvre deux programmes : a) le programme Moins de déchets – Meilleure vie (la réduction et la gestion écologique des déchets urbains constituent probablement le problème le plus important et le plus complexe dans notre pays), et b) le programme « Go to West - We Discover West Athens » qui comprend des visites guidées dans une zone dégradée avec des sentiers historiques significatifs, un atelier de développement durable et un guide de la ville. Nous préparons à ce sujet un bulletin d'information adressé spécifiquement aux membres de l'IAN à travers le monde.

Enfin, j'aimerais informer les membres historiques de l'IAN, qui se font une certaine image des NFGR, que nous avons réussi à retrouver le statut que nous avions perdu entre 2010 et 2012 et que nous continuerons, avec beaucoup d’engagement et d’énergie, à lutter pour protéger et promouvoir la nature, la biodiversité et le patrimoine culturel, en participant aux réseaux citoyens et institutions en Grèce, en Europe et dans le monde.

Amis de la Nature Grèce

(janvier 2019)

Simon Neal | Secrétaire national de Friends of Nature UK (Amis de la Nature Royaume-Uni) Simon Neal

Bonjour à tous et à toutes et salutations depuis les Scottish Borders ! Je suis géographe de formation et j'ai travaillé ces 20 dernières années dans le secteur du tourisme et pour des modes de vie durables. Mes intérêts incluent la randonnée, la nature, les voyages et les moyens de ménager la planète. Je suis actif chez Friends of Nature UK depuis une quinzaine d'années, d'abord en tant que responsable de l'environnement et depuis 9 ans en tant que secrétaire national.

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Simon, tu as joué un rôle de premier plan dans le développement de Friends of Nature UK – quelle a été ta principale motivation ?
Une conviction forte que Friends of Nature est une vraie organisation de base reposant sur le bénévolat, sur le réseau des Maisons et sur son engagement en matière d'environnement. Sans vouloir être dramatique, j’ai le sentiment que notre mouvement propose une stratégie ou une référence pour la vie quotidienne. Nous pouvons tous essayer de rendre le monde meilleur par nos actions et nos choix quotidiens, que ce soit individuellement ou en groupe.

Friends of Nature UK est une organisation petite mais très active, composée de quatre groupes principaux, de huit Maisons, d’adhérents répartis dans tout le pays et qui fonctionne sur une base totalement bénévole.
Comment réussissez-vous à renforcer la cohésion au sein de l'organisation ?

C'est un défi ! Nous sommes un petit groupe comparé aux autres pays européens, mais nous avons la chance de pouvoir compter sur un noyau d’adhérents enthousiastes. Chez nous, à Kirk Yetholm, nous avons un groupe de bénévoles dévoués qui aident à gérer le site sur une base quotidienne. À Norwich, il existe un groupe historique de quelque 80 adhérents qui se rencontrent régulièrement pour des promenades et des activités à caractère social. Nous essayons de plus en plus de maintenir un sentiment de cohésion de groupe, de fidéliser et d’encourager les nouveaux adhérents via Internet et les médias sociaux.

Quels sont vos objectifs et activités principaux ? Et qu’est-ce que cela signifie pour vous d'être membre du mouvement international des Amis de la Nature ?
Nos principaux objectifs sont de permettre aux gens d’explorer le plein air, d’apprécier la nature et de susciter un sentiment de responsabilité vis-à-vis d’eux-mêmes et de la planète. Nous y parvenons, quoique à notre manière, en proposant des lieux de séjour communs (nos Maisons) et des rencontres pour partager des idées avec d’autres personnes de tous horizons. La durabilité est devenu un mot à la mode ... nous la pratiquons depuis des années ! Faire partie de l’IAN signifie de rencontrer des personnes d’horizons culturels différents et d’échanger avec elles. En fin de compte, nous avons beaucoup en commun.

Quels seront les principaux défis des 10 prochaines années – pour Friends of Nature UK et pour le mouvement international des Amis de la Nature ?
Faire passer le message des Amis de la Nature et de ce que nous défendons est peut-être notre plus grand défi – non seulement fidéliser les adhérents, mais également sensibiliser et informer les autres pour ce que nous faisons. Je crois fermement que le « bouche à oreille » est la meilleure forme de publicité. En nous montrant tous enthousiastes pour les valeurs des Amis de la Nature, en montrant ce que nous avons à proposer et en encourageant les autres à s’associer, nous prospérerons. L’IAN doit fournir une plate-forme internationale pour présenter les organisations individuelles, faire connaître notre nom à un nouveau public et fournir le ciment indispensable pour nous unir.

En mon propre nom et en celui de Friends of Nature UK, je présente à tous et à toutes nos meilleurs vœux pour les fêtes, dans le respect de la nature, ainsi qu’une année 2019 saine, heureuse et paisible.


(décembre 2018)

Hynek Pečinka | Président de Přátelé přírody z. s. (Amis de la Nature République Tchèque) Hynek Pecinka

Hynek Pečinka, président de Přátelé přírody z. s. (Amis de la Nature République Tchèque), parle de sa participation au projet "Naturefriends Sports for All" (Sports pour Tous) et des nombreuses idées nouvelles à partager avec les membres. Il attend avec impatience les prochaines rencontres internationales avec d'autres groupes des Amis de la Nature.

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Tu es actif pour les Amis de la Nature de Tchéquie depuis de nombreuses années. Comment t’es-tu rapproché du mouvement des Amis de la Nature et qu'est-ce qui t’a poussé à y investir ton temps au fil de toutes ces années ? Peux-tu nous parler de l’expérience avec Přátelé přírody z. s. qui t’a impressionné le plus ?
J'ai commencé ma carrière dans les « mouvements verts » comme scout, en 1990, et plus tard j'ai rejoint de jeunes environnementalistes. En 1995, j’ai adhéré à l'organisation Duha qui était à l’époque la branche jeunesse des Amis de la Nature de Tchéquie. Au début j’ai travaillé comme organisateur d’activités pour jeunes dans ma section à Olomouc avant de devenir vice-président de l'organisation nationale. En 2010, j’ai senti que j’avais besoin de faire une pause ou de laisser le travail pour les jeunes, et c’est la raison pour laquelle moi-même et plusieurs autres personnes avons fondé une section « Amis de la Nature » adultes à Olomouc et avons commencé à organiser des activités culturelles et de plein air pour adultes. Aujourd’hui, la section compte 70 adhérents et organise plus de 60 activités par an. Depuis 2010, je suis également actif au sein du Bureau national des Amis de la Nature tchèques et j'essaie de motiver nos adhérents à faire avancer les choses, à coopérer et à être plus visibles aux niveaux local et national.

Je me souviens de plusieurs expériences qui montrent que mon engagement a porté des fruits. En 2012, nous avons commencé à organiser un rassemblement national d'une durée de quatre jours une fois par an et les gens se sont réunis pour la septième fois en octobre passé, heureux de revoir leurs amis d'autres sections ainsi que de nouveaux visages. Cela fait déjà plusieurs années que la Journée nationale des Amis de la Nature est organisée dans l’ensemble du pays et nous rend visibles dans les communautés où travaillent nos sections. Mais pour moi, l'impression majeure a été le voyage en bus pour participer au lancement du Paysage de l'Année « Vallée du Rhin supérieur », qui comportait aussi l'exploration des régions frontalières des trois pays participant au projet : l'Allemagne, la Suisse et la France. Plus de 50 Amis de la Nature tchèques y ont participé et ont passé plus d’une semaine ensemble. De nombreuses amitiés durent jusqu’à présent et les contacts personnels sont ce qui rend plus fortes toutes les structures, ainsi que notre mouvement.

Si vous me demandez ce qui me motive à investir mon temps à ce genre d’activités : c’est tout simplement mon propre style de vie, j’aime les gens et leur proposer et partager avec eux des activités pleines de sens. Et je pense aussi que tout le monde devrait laisser quelque chose de bon pour les autres et redonner ce qu'il / elle avait reçu une fois.

Přátelé přírody z. s. compte parmi les petites organisations membres de l’IAN. Qu'est-ce que cela signifie pour vous de faire partie du mouvement international des Amis de la Nature ? Comment participez-vous au réseau de l’IAN – et comment en tirez-vous profit ?
Voyez-vous, faire partie d’une structure internationale offre de nombreuses opportunités à tous ceux qui aiment voir sous différentes perspectives le monde qui vous entoure. Le fait que les Amis de la Nature tchèques fassent partie d’une plus grande « famille » de personnes partageant les mêmes intérêts et idées nous ouvre la porte à la coopération mutuelle : voyager, rencontrer des gens intéressants, prendre part aux décisions qui peuvent nous influencer et partager des savoirs. En termes simples, cela signifie faire des choses ensemble au niveau international et apprendre les uns des autres, chacun ayant sa spécialité.

La devise de notre association est la suivante : « Nous sommes férus de nature, d’histoire et de culture. Nous aimons marquer le monde qui nous entoure ». Et faire partie du mouvement des Amis de la Nature nous permet de nous enrichir de nouvelles idées et de partager notre expertise dans nos domaines d’action.

Cette année, les Amis de la Nature de Tchéquie participent au projet Erasmus+ « Naturefriends Sports for all ». L'objectif est de donner aux organisations membres des outils leur permettant de développer des activités sportives de plein air pour personnes handicapées. Au printemps et à l'automne passés, vous avez assisté à des ateliers sur la randonnée et l'escalade accessibles pour tous. Que rapportez-vous à Přátelé přírody z. s. ? Quelles activités voudriez-vous développer ?
La plupart de nos sections pratiquent des sports de plein air tels que la randonnée ou le ski. Certaines d’entre elles ont déjà rencontré des personnes handicapées lors d’une activité de plein air, mais pour beaucoup c’est encore un sujet nouveau. C’est la raison pour laquelle nous avons salué l’idée de ce projet « sports pour tous », avons délégué des participants et en fait la promotion auprès de nos sections. Nous aimerions partager les connaissances acquises lors d’un atelier d’un week-end l’année prochaine, afin que nos organisateurs puissent s’ouvrir davantage aux activités conjointes pour les personnes sans et avec handicap, et devenir plus confiants et préparés aux éventualités qui peuvent apparaître lors de l’organisation de telles rencontres. Autant que je sache, il n’y a pas beaucoup d’Amis de la Nature tchèques qui ont l’habitude de pratiquer l’escalade. Nous concentrerons donc notre atelier uniquement sur la randonnée.

En octobre, la Conférence annuelle de l’Internationale des Amis de la Nature s'est tenue à Vienne, où de nombreuses idées d'activités futures ont été discutées, comme par exemple la Journée mondiale des Amis de la Nature en 2020 ou le prolongement du projet Erasmus +. Quelles activités seraient particulièrement intéressantes pour vous ?
Personnellement, je salue toutes les actions qui font de l’IAN non pas une plate-forme de dirigeants d’organisations nationales mais qui offrent des opportunités ciblées aux adhérents. Si vous demandez aux adhérents à quoi sert l’IAN, ils vous diront par exemple qu’être informés sur la possibilité de participer à un atelier avec des Amis de la Nature d'autres pays est plus important que d’être un délégué à une conférence. Je préférerais donc tout projet axé sur la coopération transfrontalière, l’échange d’expériences ou les campagnes communes ayant un effet concret, comme la Journée mondiale des Amis de la Nature. C'est plus valable que des tonnes de documents et de déclarations.

(Novembre 2018)


Přátelé přírody z. s.
 

 

Sékou Kader NANAMOU | Président des Amis de la Nature de Guinée (ALUSFADE-GUINEE)Sekou Kader Nanamou 

Sékou Kader NANAMOU est Président des Amis de la Nature de Guinée, qui ont entamé en octobre la mise en œuvre de l’actuel projet du Fonds des Amis de la Nature pour le climat. Dans l’interview il parle du projet et du travail des Amis de la Nature en Guinée.

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À présent les Amis de la Nature de Guinée ont commencé à mettre en œuvre l’actuel projet du Fonds des Amis de la Nature pour le climat, dans la réserve de biosphère des Monts Nimba. À quoi ce projet doit-il parvenir ? 
Le projet doit favoriser une réelle prise de conscience des populations guinéennes, notamment celles riveraines des Monts Nimba, par rapport au phénomène du changement climatique. A travers les séances de sensibilisation et de démonstration sur les foyers améliorés, elles s’apercevront que l’utilisation de ces derniers permet de lutter contre la déforestation et le réchauffement climatique. Le projet doit également inciter les autorités locales, et plus loin le Gouvernement, à prendre ou renforcer les mesures d’atténuation des effets du changement climatique. Il n’est pas exclu que des partenariats soient formalisés en vue d’une synergie d’action et une démultiplication dans d’autres localités du pays. 
 
Quelles sont, concrètement, les différences des fours améliorés comparés aux fours traditionnels ? 
Les différences sont notoires !  
Contrairement aux foyers traditionnels, les foyers améliorés : 

  • consomment moins de bois ; 
  • chauffent très vite ; 
  • gardent la chaleur à l’intérieur ; 
  • permettent de gagner du temps (le temps de cuisson est plus court) ; 
  • permettent une économie financière ; 
  • contribuent à la protection de l’environnement (réduire le déboisement et atténuer les effets du changement climatique) ; 
  • protègent la santé des populations, car ils émettent très peu de fumée. 


Tu es Président des Amis de la Nature de Guinée depuis le 02 août 2006. Qu’est-ce qui t’a amené à être candidat pour cette fonction ? 
La raison est très simple. En tant que Guinéen, je suis conscient que le développement socio-économique n’est pas seulement l’apanage du Gouvernement. C’est pourquoi nous avons fondé ALUSFADE-GUINEE qui est une Organisation Non Gouvernementale. Fort de ma formation universitaire et de mes capacités managériales, je me suis alors porté candidat à la fonction de président de cette ONG en vue de contribuer au développement durable de la Guinée, et pourquoi pas du continent africain. 
 
L’ONG ALUSFADE-GUINEE est très active dans le domaine de la protection du climat. Quelles sont les autres priorités de votre travail ? Qu’est-ce que cela signifie pour vous d’appartenir au mouvement international des Amis de la Nature ? 
Après le domaine de l’environnement où nous menons plusieurs activités dont la protection du climat, nous intervenons aussi dans beaucoup d’autres domaines tels que l’agriculture, l’élevage, l’alphabétisation, la santé (notamment les infections sexuellement transmissibles et le HIV/SIDA), la gouvernance et les droits humains. 
Appartenir au mouvement international des Amis de la Nature signifie pour moi un atout en termes d’échange d’expériences, d’opportunités de financement, d’efficacité, de leadership et de réussite dans notre combat pour l’épanouissement de l’Homme dans un environnement sain. 
 
 

(Octobre 2018) 
 
 

 

Hannu Puhalainen | Président des Amis de la Nature de Finlande Hannu Puhalainen
 
Hannu Puhalainen, âgé de 66 ans et résidant dans la ville de Rovaniemi, est président
des Amis de la Nature de Finlande et en même temps président de la section Rovaniemi
des Amis de la Nature. Comme il vit en Laponie finlandaise, la nature et la randonnée
font partie intégrante de sa vie. Dans cette interview il parle de sa motivation personnelle
pour s’engager chez les Amis de la Nature et de ses idées pour l’avenir.

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Tyovaen retkeilyliitto, l’organisation des Amis de la Nature de Finlande, a été créée en 1971 comme organisation sportive nationale. Quels sont aujourd’hui vos objectifs et vos activités principales ?
Notre objectif est de développer encore notre action, par l’organisation de diverses activités et par la promotion des valeurs de la randonnée et de la nature, de manière à ce que les gens puissent s’intéresser et s’activer pour des thèmes relatifs à la nature. Nous voulons aussi augmenter le nombre de nos sections locales, afin d’être présents partout en Finlande.
Nous coordonnons et soutenons les activités des sections locales. Nous gérons nos chalets et les louons principalement à nos adhérents. Nous publions une revue qui est le lien entre nos adhérents et renforce la coopération entre sections. 
 
Quelle est ta motivation personnelle pour t’engager chez les Amis de la Nature ?
Ma motivation majeure est de rencontrer des personnes partageant les mêmes valeurs, de passer du temps dans la nature, de jouir des sons et du silence de la nature, la pêche, la cueillette de baies, les feux de camp avec café et saucisses. J’aime aussi aider et soutenir des personnes cherchant à connaître la nature. 
 
Tyovaen retkeilyliitto est une petite organisation très active, avec à peu près 1 700 adhérents. Qu’est-ce que cela signifie pour toi d’être membre du mouvement international des Amis de la Nature ?
Comme membre de l’Internationale des Amis de la Nature nous sommes informés sur des manifestations et tendances en Europe. De nos jours, les Amis de la Nature nous initient aussi à des thèmes touchant la nature et l’environnement en Afrique. Nous espérons que cette dimension internationale pourra motiver des jeunes à intégrer nos activités. Jusqu’ici nous n’avons pas encore su mettre en valeur cette opportunité dans nos actions.
 
Quels seront les défis majeurs pour les dix ans à venir – pour les Amis de la Nature de Finlande et pour le mouvement international des Amis de la Nature ?
Pour nous en Finlande l’enjeu majeur est de rassembler des personnes jeunes et actives dans notre organisation et de maintenir nos effectifs au moins au niveau actuel. 
 En ce qui concerne le mouvement international des Amis de la Nature, je pense qu’il est important de réaliser un équilibre entre les dimensions locale et globale. Les activités communes doivent être suffisamment intéressantes pour attirer un public large, et en même temps les sections locales dans le pays devraient voir les avantages de la coopération globale. La communication et l’interaction dans des projets communs pourraient y contribuer.

Tyovaen retkeilyliitto
 
(septembre 2018 ; la version française du présent texte est basée sur la traduction anglaise de la version finnoise par Hannele Pöllä, Coordinatrice des relations internationales au sein des Amis de la Nature de Finlande)

 

Maritta Strasser | Directrice exécutive des Amis de la Nature d’Allemagne Maritta Strasser, NaturFreunde Deutschlands

Depuis le 1er juillet Maritta Strasser est la nouvelle Directrice exécutive des Amis de la Nature d’Allemagne (NaturFreunde Deutschlands). Elle succède à Hans-Gerd Marian qui part en retraite après avoir travaillé pendant bien des années pour les Amis de la Nature d’Allemagne. Dans cette interview Maritta parle de ses idées et plans. 

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Comptant plus de 70 000 adhérents, les Amis de la Nature d’Allemagne sont la deuxième organisation membre de l’Internationale des Amis de la Nature. Quelles sont à ton avis vos atouts et vos priorités pour le travail futur ?
Il y a tant d’activités chez les Amis de la Nature d’Allemagne : formations sportives, voyages, maisons, projets de conservation, offres culturelles … les Amis de la Nature travaillent beaucoup, et dans la plupart des cas à titre bénévole. Ceci m’inspire beaucoup de respect.   Mais nous n’en parlons pas assez. Il faut que nous soyons plus surs de nous. Nous avons beaucoup à proposer ! Il faut que nous soyons encore plus convaincants pour que les nombreuses personnes venant pratiquer un sport chez nous ou assister ponctuellement à des activités, finissent par adhérer à l’organisation.  

Quels sont pour toi personnellement les défis majeurs ?
J’aimerais aller dans le sens d’une augmentation de nos effectifs, pour que nous ayons un avenir viable. Je souhaite donc renforcer nos relations publiques. J’aimerais aussi aller vers un changement culturel au sein de la fédération. J’aimerais que nous soyons plus ouverts, plus accueillants, et que nous nous adressions en particulier aux jeunes. J’attache donc beaucoup d’importance à la collaboration avec les Jeunes Amis de la Nature. 

Les Amis de la Nature d’Allemagne se disent « association politique de loisirs ». Qu’entendez-vous par là ? Et quel est pour vous le rôle du travail politique – aux échelles nationale et internationale ? 
Nous sommes en quelque sorte le feu de camp autour duquel se retrouvent ceux et celles qui pensent qu’il y a des choses qui vont fondamentalement mal dans ce pays. Nous exploitons toujours plus brutalement la nature pour accumuler des richesses dont profitent un nombre toujours plus petit de personnes. Individuellement nous n’avons pas de pouvoir, ce n’est qu’ensemble que nous pouvons changer les choses. Comme non seulement l’homme mais aussi la nature a besoin de repos, nous ne menons pas seulement notre combat ensemble mais nous retrouvons aussi pour jouir du sport et des loisirs.  
On a plus que jamais besoin de nous. Les partis ont de moins en moins de réponses aux enjeux de notre époque. Leur force s’affaiblit. Il incombe donc à la société civile de formuler des alternatives sociétales – à la politique du cloisonnement, à la redistribution du bas vers le haut et à l’exploitation impitoyable de notre planète.   

Un objectif important de l’action internationale des Amis de la Nature consiste à rendre tangibles les valeurs de notre mouvement, telles que la solidarité internationale, et de contribuer activement à leur mise en œuvre, par exemple à travers le Fonds des Amis de la Nature pour le climat ou par le Paysage de l’Année dans une région à cheval sur la frontière sénégalo-gambienne. Quelle est à ton avis l’importance de l’engagement international pour un mouvement comme les Amis de la Nature ?
J’estime que l’engagement global est très important, et ceci pour deux raisons : premièrement le changement climatique et le tarissement de ressources globales ne s’arrêtent pas aux frontières – ce sont des problèmes globaux que l’on ne peut résoudre que dans un énorme effort global.  
Et deuxièmement la solidarité est notre valeur centrale, et elle ne peut accepter des frontières si elle est prise au sérieux. Car l’exclusion, la limitation d’aides à certains groupes de personnes sont des signes d’un manque profond de solidarité. Nous sommes tous et toutes des êtres humains et souhaitons avoir les mêmes droits et libertés. C’est notre diversité qui fait notre richesse.

Amis de la Nature d’Allemagne

(Juillet 2018)


 

 

Ciprian CostaCiprian Costa |  Président Amis de la Nature Roumanie 

Ciprian Costa est le Président des Amis de la Nature de Roumanie ; il a récemment participé à un atelier international des Amis de la Nature à Vienne, sur les activités sportives sans barrières. Dans l’entretien il parle des moments majeurs de son travail passé pour les Amis de la Nature et des visions pour les années à venir.

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Tu es déjà actif pour les Amis de la Nature de Roumanie depuis de nombreuses années. Comment es-tu entré en contact avec les Amis de la Nature et qu'est-ce qui t’a motivé pour t’engager pendant toutes ces années ? Peux-tu décrire les moments majeurs vécus avec Prietenii Naturii Romania ?  
Il y a 25 ans, alors que j'étais étudiant à Timisoara, j'étais membre d'un club de montagne, partenaire de l’IAN. J'ai aimé la devise « nature et culture » et toutes les activités, mais j'ai aussi aimé être membre d'une « grande famille » - des Amis de la Nature. L'un des moments majeurs a été quand la Roumanie est devenue membre A de l’IAN.
Autres étapes importantes : le prix Cabana Codrin au Concours Climat, le Paysage de l'année – Delta du Danube ; la création de deux nouvelles associations d’Amis de la Nature en Roumanie ; la participation de la région du Banat au projet « Hiking Europe » – et en 2017 nous avons réussi à établir un nouveau système de gestion de nos adhérents.

Prietenii Naturii Roumania compte parmi les petites organisations membres au sein de l’IAN. Qu'est-ce que cela signifie pour vous de faire partie du mouvement international des Amis de la Nature ? Comment participez-vous au réseau international et comment cela vous est-il utile ?  
Nous sommes une petite organisation dans l’Ouest du pays, et nous avons aussi une maison AN. Nos adhérents ont des contacts avec d'autres organisations d’Amis de la Nature en Europe. Nous avons participé à des ateliers et à des séminaires et partagé nos expériences avec les autres adhérents. En voyageant à l'étranger tout au long de l'année, nos membres fréquentent autant que possible les maisons AN.    

Cette année, vous participez au projet Erasmus + « Naturefriends Sports for all ». Ceci devra munir les organisations membres d'outils pour développer des offres de sports de plein air à l’intention de personnes handicapées. Le premier atelier, où tu étais également présent, vient d’avoir lieu à Vienne. Pourquoi ce projet est-il si important pour toi ? 
J'ai aimé cette idée dès le début, et le premier atelier à Vienne était extraordinaire. Étant donné que des activités dans la nature pour des personnes handicapées sont assez récentes en Roumanie, nous n'avons presque aucune infrastructure à leur proposer. L’atelier fut la première étape pour nous de comprendre et d'apprendre plus sur les besoins des personnes handicapées et sur les possibilités que nous avons de répondre à ces besoins.

2028 - où vois-tu les Amis de la Nature de Roumanie en dix ans ? Quelle est ta vision, de quoi te réjouis-tu, et quels défis avez-vous à relever ? 
Dans 10 ans ? Bon, un défi pour nous sera d'avoir au moins 10 sections avec plus de 100 adhérents chacune, 10 maisons AN et une plus large gamme d’activités. 
Berg frei ! 

Prietenii Naturii Romania

(Mai 2018)


 

 

Mamadou Diallo
© Doris Banspach

Mamadou Diallo | Secrétaire général de l’ASAN 

Dans son discours à l’occasion du lancement du Paysage de l’Année Sénégal / Gambie, Mamadou Diallo, Secrétaire général de l’Association Sénégalaise des Amis de la Nature (ASAN), s’est réjoui du fait que l’ASAN sera pendant deux années au cœur des activités internationales des Amis de la Nature. Dans son entretien avec l’IAN, il parle de l’importance de l’initiative pour la région et pour son association ainsi que de ses visions pour l’avenir.  

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Dans ton discours inaugural tu as manifesté ton enthousiasme au sujet du nouveau Paysage de l’Année Sénégal / Gambie. En plus d’un très grand nombre de participant/e/s de la région et des pays voisins, 40 Amies et Amis de la Nature sont venu/e/s d’Europe pour participer aux cérémonies et pour découvrir la région. Que signifie cette attention pour les Amis de la Nature du Sénégal ?
Pour les Amis de la Nature du Sénégal, nous considérons que c’est un honneur et une marque d’amitié et de considération que l’IAN vient de nous manifester. En effet, confier l’organisation du Paysage de l’année 2018 – 2019 à l’Association Sénégalaise des Amis de la Nature (ASAN), une Fédération africaine, constitue une première dans l’histoire du Mouvement international des Amis de la Nature. Vous nous donnez une fois de plus l’occasion d’exprimer notre reconnaissance et notre profonde gratitude aux responsables de l’IAN, aux nombreux participants venus d’Europe et d’Afrique, pour rehausser de leur présence la cérémonie officielle de lancement du Paysage de l’année.  

Quelles sont pour toi les spécificités de la région que tu souhaites faire découvrir aux voyageurs et voyageuses ? 
Vous savez qu’il y a beaucoup de choses à découvrir au Sénégal, qui est un pays riche en biodiversité, en écosystèmes variés, en sites touristiques extraordinaires et en culture vivante et vibrante. En plus, les sénégalais, malgré leur diversité ethnique et linguistique, constituent un peuple merveilleux, très accueillant et très ouvert. Dans le cadre de nos activités nous avons plusieurs circuits éco touristiques très intéressants que nous proposons à nos hôtes.  
Au-delà des différentes zones éco géographiques que compte notre pays, il serait intéressant pour les touristes qui viennent au Sénégal, de visiter l’Ile de Gorée, témoin de plusieurs siècles d’esclavage et de traite négrière, le Lac Rose, les différents Musées de la capitale, les marchés d’art et le Monument de la Renaissance Africaine. Pour ceux qui souhaitent sortir non loin de Dakar, ils peuvent visiter la Reserve de Bandia pour découvrir des Giraffes, des Elands de Derby, d’autres variétés d’antilopes, des singes, des buffles, etc., faire un tour à la station balnéaire de Saly en passant par Poponguine et les forêts de baobabs, l’arbre qui soigne tout.   
Le circuit nord permet aux visiteurs de découvrir Saint Louis, l’ancienne capitale du Sénégal et site du patrimoine mondial, avec ses monuments historiques (l’Hôtel Mermoz, le Pont Faidherbe, le Palais du Gouverneur), Goxxu Mbathie le village des pêcheurs, la Langue de Barbarie, le retour coloré et animé des pêcheurs le soir, les villages traditionnels des maures et des Peulhs, sans oublier la Reserve de Gueumbeul et le Parc national des oiseaux de Dioudj, troisième site ornithologique du monde avec ses milliers d’oiseaux et de pélicans.   
Les adeptes du tourisme religieux peuvent faire un tour à Tivaouane, capitale du Tidjanisme, Touba, capitale du Mouridisme, Kaolack, capitale des Niassènes, etc.  Pour ceux qui s’intéressent à la grande faune et au tourisme culturel, les régions de Tambacounda et de la Casamance sont incontournables. 
Mais pour le Tour d’Horizon de cette année, nous avons proposé de faire visiter aux amis de la nature une région frontalière commune au Sénégal et à la Gambie. Vous allez découvrir la Sénégambie, avec un écosystème particulier commun aux deux pays, une aire géographique très riche en ressources biologiques et la culture et le peuple sénégambiens, divers et variés.  

L’un des objectifs du Paysage de l’Année est toujours d’initier des activités concrètes susceptibles d’améliorer les conditions de vie des populations. Que faut-il à ton avis pour que cet objectif soit atteint ? 
La mise en œuvre du programme permettra de contribuer à la préservation de notre environnement, à la lutte contre le réchauffement de la Planète, à l’amélioration de la biodiversité, mais surtout à la promotion de l’écotourisme. 
En effet, il est prévu un reboisement d’arbres à usages multiples dans les concessions au profit des populations. Ce sont des arbres à large frondaison pour fournir de l’ombre, des arbres fruitiers pour lutter contre la malnutrition et améliorer les revenus monétaires des bénéficiaires, ce sont des arbres qui fournissent du bois d’énergie pour freiner la déforestation, ce sont des arbres qui ont des vertus médicinales qu’utilisent les tradipraticiens locaux, bref c’est un reboisement pour séquestrer le carbone, lutter contre le réchauffement de la planète et le changement climatique. 
De même, c’est l’occasion pour les populations de revisiter le patrimoine culturel local. D’ailleurs, au contact avec le peuple sénégambien composite, vous serez admiratifs de la richesse et de la diversité de sa culture. Et dans la pure tradition africaine et de la Teranga sénégalaise, vos hôtes vous feront danser le Mbalakh, le Yela, le Ndawrabine, le Sawrouba, etc., au rythme du tamtam, de la kora, du balafon, du riti, etc. Avec le festival du Kankourang en Gambie, les Génies protecteurs sortiront de la forêt sacrée, non seulement pour danser et souhaiter la bienvenue aux amis de la nature, mais à leur manière, ils contribueront à la réussite du Paysage de l’année.

Après le premier voyage très réussi à travers le Paysage de l‘Année d’autres voyages sont déjà prévus. Quel est le rôle du tourisme pour la région et que faut-il pour que les populations puissent effectivement profiter du tourisme ?  
Le tourisme est un secteur porteur et profitable pour les populations locales. Il peut contribuer à maintenir la jeunesse dans le terroir et lutter contre l’émigration clandestine avec ses méfaits que constituent l’errance, la perte de vies humaines dans le désert et les océans, ainsi que l’esclavage des temps modernes en Lybie et dans d’autres pays.  
 Il faudrait néanmoins que ces populations soient soutenues et organisées pour qu’elles profitent réellement aux retombées du tourisme. A cet effet, il serait bien que des campements touristiques villageois soient créés, que les artistes locaux soient capacités pour créer des articles d’artisanat d’art à proposer aux visiteurs comme souvenir, que les femmes soient organisées et formées dans la production de produits maraichers, la restauration et la transformation des fruits et légumes et des céréales locales. 

Comme d’autres associations africaines d’Amis de la Nature, les Amis de la Nature du Sénégal connaissent depuis des années un développement très positif. Quelle est à ton avis la recette pour réussir l’avenir du mouvement des Amis de la Nature ? Et quelle est pour toi l’importance de l’internationalisme de notre mouvement ?
Il n’y a pas de recette miracle. Seul le travail paye. Il faut reconnaitre que nous avons bénéficié de trois facteurs cumulatifs de mon point de vue ; (1) l’encadrement d’un homme formidable, Feu le Président Alioune DIAGNE MBOR, dont la sagesse, la clairvoyance et la notoriété nous ont permis d’avoir un groupe soudé et de nous ouvrir beaucoup de portes ; (2) des membres compétents dans leurs spécialités respectives, dynamiques, engagés et volontaires ; (3) des partenaires sérieux, généreux, aussi engagés que nous, comme l’Internationale des Amis de la Nature (IAN), qui ont accepté de nous accompagner et de relever avec nous des défis. Personnellement je ne regrette pas d’avoir pris la liberté, dans le passé, de contacter la Fédération Française des Amis de la Nature et l’IAN pour un partenariat avec l’ASAN.  
L’internationalisme du mouvement des amis de la nature est très important, en ce sens que c’est la manifestation d’une vision commune partagée sur des valeurs, des missions et des initiatives concrètes de préservation de notre environnement, de lutte contre le changement climatique et la pauvreté, de promotion de l’écotourisme et de la solidarité internationale entre les peuples. Votre présence ici, en ces moments de tensions multiples perceptibles à travers le monde, contribuera sûrement à la compréhension mutuelle et au rapprochement des peuples, gage de la paix du monde. 

Association Sénégalaise des Amis de la Nature (Facebook)

(Février 2018) 


 

 

Manfred PilsManfred Pils | Président de l´IAN 

Le 21 octobre 2017, l’Autrichien Manfred Pils a été réélu Président de l’Internationale des Amis de la Nature par le Congrès de celle-ci, tenu à Lage Vuursche aux Pays-Bas. L’équipe de l’IAN le félicite sincèrement de cette réélection !

Dans notre conversation Manfred Pils parle de ses visions pour l’avenir du mouvement AN, des actuels défis et de ses objectifs personnels.  

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La 23e Conférence sur le climat vient de s’achever à Bonn. Le Congrès de l’IAN lui aussi a été placé sous la devise « Vivre la justice climatique ! Solidaires pour un bel avenir ! ». La protection du climat et la justice climatique sont des thèmes centraux du mouvement international des Amis de la Nature. Quels sont pour toi les défis majeurs dans ce contexte, comment pouvons-nous réussir la protection du climat sur le plan global ? Comment se présenterait un monde équitable en matière de climat ? Et quelle pourra être la contribution de l’Internationale des Amis de la Nature ?
Pour protéger le climat il faut qu’on s’attaque aux causes principales du changement climatique. Il s’agit en premier lieu de réduire radicalement les émissions de CO2 dans les pays industrialisés occidentaux et dans les pays émergents – ceci concerne en premier lieu la production énergétique, le trafic, l’industrie et le chauffage.
Les technologies existent, il faut seulement les appliquer, ce qui aura aussi des effets économiques positifs. Parallèlement il s’agit d’assister ceux qui, sans y avoir contribué, sont les premiers concernés par le changement climatique – à savoir les populations des pays du Sud global – afin d’en atténuer les conséquences négatives. Il s’agit par exemple de financer des projets de reboisement, des travaux pour stabiliser les zones côtières, des projets de distribution d’eau et d’irrigation, mais aussi des déplacements devenant nécessaires. 
Pour cela nous avons besoin de solidarité vécue au plan international, pour laquelle l’IAN s’engage et qu’elle se propose de promouvoir. Et bien entendu nous devons, en tant qu’Amis de la Nature, contribuer activement nous-mêmes à la justice climatique – ce que nous faisons déjà par le biais de plusieurs projets, par exemple par des reboisements au Sénégal et en Gambie, financés par le Fonds des Amis de la Nature pour le climat. 

Les Amis de la Nature font actuellement face à des défis majeurs. Pour bien des organisations membres de l’IAN des thèmes centraux sont l’entretien des chalets et des maisons et l’adaptation des activités aux nouvelles donnes de la société. En même temps beaucoup de fédérations sont confrontées à une diminution des recettes venant de cotisations et de subsides nationaux. Quelles sont tes visions pour que le mouvement AN puisse réussir dans l’avenir ?  
L’IAN est loin de vouloir donner de bons conseils à ses organisations membres. Mais ce qui nous unit ce sont l’utilisation durable de nos fondements de vie, les découvertes conviviales de la nature et l’internationalisme. Nous combinons les activités de loisir avec un engagement progressiste pour la société durable. Voilà les caractéristiques particulières de notre mouvement, sur lesquelles nous devons insister dans une mesure croissante. Si en nous dotant d’un profil moderne nous parvenons à intéresser du monde pour notre mouvement, celui-ci pourra se renouveler et devenir viable. 
 
À ton avis, comment l’Internationale des Amis de la Nature peut-elle contribuer à ce que ces visions deviennent réalité ? Et quels sont les objectifs que tu te proposes personnellement comme Président de l’Internationale des Amis de la Nature pour les trois prochaines années ?   
L’Internationale des Amis de la Nature est la fenêtre du mouvement AN vers le monde – elle a un rôle très important à jouer pour élargir le mouvement. La diversité des Amis de la Nature, la créativité et l’engagement de beaucoup de militants bénévoles sont les atouts du mouvement. Nous voulons promouvoir les échanges et l’enrichissement mutuel, mais souhaitons aussi montrer que l’internationalisme est une valeur capitale dans une société globale – pour chacun des adhérents, et aussi pour l’engagement politique des Amis de la Nature, par exemple dans nos actions pour la justice climatique. 
À une époque où la politique internationale est dans une mesure croissante marquée par les intérêts nationaux et où les valeurs fondamentales de notre société sont progressivement remises en question, l’IAN a besoin du plein soutien de ses fédérations membres – pour que nous puissions parler d’une une voix forte et nous faire entendre. Voilà ce qui sera au cœur de mon travail pendant les trois années à venir.  

(Novembre 2017) 


 

 

Henk SchaafHenk Schaaf | Président de NIVON (Amis de la Nature néerlandais) 

En novembre 2016 Henk Schaaf est en entré en fonction comme Président des Amis de la Nature des Pays-Bas (NIVON). Dans notre conversation, Henk parle des raisons de son engagement au sein des Amis de la Nature et de ses idées pour l’avenir de l’organisation.

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Qu’est-ce qui t’a motivé pour t’engager maintenant chez les Amis de la Nature ? 
On m’a d’abord demandé de m’engager dans la section de Rotterdam de NIVON (1200 adhérents). Peu après j’y ai été élu Secrétaire de section et plus tard je suis devenu Vice-Président. Nous avons organisé beaucoup d’activités nature et culture dans notre propre centre, par exemple une fête à l’occasion du 90e anniversaire de la section de Rotterdam, avec une participation très nombreuse. 
Désireux de rencontrer d’autres adhérents, j’ai participé à l’assemblée nationale de toutes les sections. Un membre du Bureau, responsable de la communication, s’est retiré et j’ai déclaré mon intérêt à ce poste. Quelques mois plus tard j’ai été élu membre du Bureau national. Depuis, nous essayons de rendre NIVON plus visible et d’améliorer notre notoriété : relations publiques, présence lors de foires, un magazine relooké, etc. Mais ce sont les actions ciblées qui sont encore plus importantes : gratuité pour les enfants logeant dans nos chalets et maisons ; bons pour un séjour gratuit en semaine, des actions pour économiser de l’énergie et beaucoup plus.

Grâce à ta riche expérience journalistique et politique, tu disposes d’une base excellente pour gérer les tâches complexes d’une des plus grandes organisations d’Amis de la Nature. Quelles sont tes priorités personnelles pour les prochaines années ? 
Grâce aux 40 ans d’expérience comme reporter de journal et porte-parole ministériel, il m’est facile d’approcher la presse ou des instances gouvernementales. J’ai par exemple réussi à inviter un important homme politique du pays à prononcer le discours inaugural à l’occasion du Congrès de l’IAN en octobre 2017. Et nous avons organisé une réunion au ministère des Affaires sociales en vue d’un financement nous permettant d’organiser de courtes vacances pour des enfants de parents pauvres. En acceptant la présidence de NIVON, j’ai exposé mes intentions ; dans les années à venir je veux renforcer les contacts internationaux, donner un nouveau souffle à NIVON Young, lancer des discussions sur des thèmes importants et défendre nos positions. Nous n’avons pas à écrire de longs documents nouveaux. Non, nous préférons l’action concrète et les solutions pratiques. Les Amis de la Nature de NIVON se trouvent en mode gagnant. Nous avons perdu des milliers d’adhérents pendant les dix années passées. Depuis maintenant six mois la courbe est ascendante. Un millier de nouveaux adhérents ! NIVON vit actuellement une vraie renaissance. 
 
Dans beaucoup de pays les Amis de la Nature sont surtout considérés comme une organisation de loisirs et de sports. Le travail politique ne joue pas le même rôle dans toutes les organisations nationales. Quelles sont tes idées pour le travail politique des Amis de la Nature ? 
NIVON a compté parmi les membres du « Fair and Green Deal » et a réussi à mobiliser les organisations membres de l’IAN et l’IAN même pour y participer. Il y a quelques mois, NIVON a intégré le National Energy Committee. Ce groupement d’intérêts a présenté un plan assorti de propositions pour une société sans énergies fossiles et a demandé au gouvernement néerlandais de l’adopter, dans l’esprit de l’Accord de Paris. Avant tout, NIVON est un lieu de rencontres amicales, également un endroit pour l’éducation des adultes et l’éducation sociale, tout comme un lieu de loisirs. NIVON n’est pas un club politique, mais beaucoup de ce que nous faisons peut avoir une dimension politique. À travers des débats et des projets nous souhaitons sensibiliser les gens pour le changement climatique, mais aussi pour des aspects liés à la paix, aux armes nucléaires et pour l’avenir d’un monde démocratique. Nos valeurs de base se lisent comme suit : « NIVON = honnête, vert, social et tolérant ». Nous partageons l’idéal d’une société basée sur la liberté, la justice et la solidarité, sur le socialisme démocratique. Est-ce donc politique ou non ?

Avec plus de 350 000 adhérents, le mouvement international des Amis de la Nature compte parmi les plus grandes ONG du monde. Nos valeurs de base, comme la solidarité et la justice globale, nous unissent dans nos réseaux, mais il est difficile de vivre ces valeurs et de les rendre palpables pour les adhérents. À ton avis, comment pouvons-nous dans les années à venir répondre à ces défis ? 
Comme je disais : être conscient, discuter, être actif dans beaucoup de réseaux. Faire partie d’initiatives nationales et internationales visant la durabilité. Écrire une déclaration de principes trois les trois ans revient aux responsables mais pas aux adhérents à la base. Mon conseil est qu’on soit pratiques. C’est ainsi que les adhérents comprendront ce que nous faisons, parce que l’approche est compréhensible et pas théorique.  

NIVON

(Septembre 2017)


 

 

Günther Abraham
© Fugler/Graz

Mag. Günter Abraham | Directeur exécutif des AN d’Autriche 

Depuis début juillet 2017 Günter Abraham est le nouveau Directeur exécutif des Amis de la Nature d’Autriche. Il succède à ce poste à Reinhard Dayer qui a dirigé la Fédération autrichienne avec beaucoup de succès pendant 44 ans.
En conversation avec Andrea Lichtenecker, Günter parle des motifs de son engagement pour les Amis de la Nature et de ses projets d’avenir.

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Tu as derrière toi une carrière riche en expériences. Qu’est ce que t’a motivé pour être candidat au poste de Directeur exécutif des Amis de la Nature d’Autriche ?
J’ai passé une enfance merveilleuse à Unzmarkt en Styrie. Mes parents sont de vrais amoureux de nature et ont transmis cet enthousiasme à leurs enfants. Les Amis de la Nature me passionnent comme un mouvement s’attachant à la sauvegarde de l’environnement tout comme à l’activité sportive dans la nature. Pendant mon activité professionnelle passée, dans le service environnemental du gouvernement régional de Styrie et dans l’ASKÖ, organisation faîtière sportive de Styrie, le sport et l’environnement ont toujours joué un rôle important. Les deux domaines m’intéressent beaucoup. Au moment de l’appel à candidature pour la direction fédérale des Amis de la Nature d’Autriche je savais que j’avais à suivre ma passion et j’ai donc postulé.
 
Dans la famille internationale des Amis de la Nature, la fédération autrichienne est celle aux effectifs les plus nombreux. A une époque où beaucoup d’autres fédérations d’Amis de la Nature ont à lutter contre des pertes d’effectifs, vous avez réussi en Autriche à conserver un nombre d’adhérents stable. Les Amis de la Nature d’Autriche ont néanmoins à relever d’importants défis – quelles sont tes priorités pour les années à venir ? 
Dès le début de ma nouvelle activité je me suis fixé plusieurs objectifs : j’aimerais tout faire pour que les Amis de la Nature soient plus attractifs pour toutes les générations, notamment pour les jeunes. Ma propre expérience m’a montré combien il est important de sensibiliser les enfants pour la nature et la protection de la nature, dès un âge précoce. Très souvent j’ai vu quel plaisir les enfants éprouvent en explorant et découvrant la nature comme espace de vie ! Je m’engagerai pour un apprentissage orienté vers la compétence – un apprentissage en plein air, dans la nature et avec elle. 
À coté de coopérations avec des écoles une autre priorité de mon action concernera le maintien de l’infrastructure alpine. Les Amis de la Nature s’occupent en Autriche d’environ 15 000 km de sentiers pédestres et gèrent près de 140 chalets. Entretenir ces énormes réseaux représente un enjeu à peine imaginable.
De nouvelles salles d’escalade et à boulder, des innovations dans le domaine technologique, des offres éducatives relatives à la protection de l’environnement et de la Nature, mais aussi une gestion moderne des chalets, pourront contribuer à rendre intéressante et souhaitable l’appartenance au mouvement des AN. L’esprit d’équipe et la collaboration nous permettront d’atteindre ce but ! 

Beaucoup considèrent les Amis de la Nature comme une simple association de loisirs et de randonnées. Le positionnement par rapport à des thèmes politiques ne joue pas le même rôle dans toutes les organisations membres, et les thèmes eux aussi varient – entre politique sociétale, libre échange et accès libre aux chemins et sentiers. Quelles sont tes idées pour le travail politique des Amis de la Nature ? 
Nous continuerons à défendre l’accès libre généralisé à la nature, la liberté d’accès aux sentiers de forêt et dans les régions alpines, indépendamment des moyens financiers des usagers. Il y a toujours à nouveau des conflits entre les désireux de détente et les propriétaires terriens. Dans nos publications et par notre présence dans les médias nous continuerons à faire connaître les bases légales et faire part de nos doléances là où nous l’estimons nécessaire. Nous défendons l’ouverture de chemins forestiers à tous les vététistes autrichiens – ceci étant déjà un fait juridique dans bien de nos pays voisins !
Les AN joueront aussi dans l’avenir leur rôle de défenseurs de l’homme et de la nature. Il ne faut pas limiter l’accès libre à la nature, donc aussi aux lacs autrichiens, mais l’élargir !
Notre salut « Berg frei! » est l’expression de notre lutte contre toute tentative d’amputer la liberté d’accès aux chemins et sentiers.

Dans ton discours inaugural tu t’es référé à un très beau proverbe africain : « Si tu veux aller vite, vas-y seul mais si tu veux aller loin, alors il faut y aller ensemble ». La compagnie, la communion n’est pas seulement un élément central des activités des Amis de la Nature, mais marque aussi la collaboration au sein du mouvement international. Quel est pour toi l’importance de l’internationalité dans le contexte du mouvement AN ? 
Je suis un Européen fervent. La collaboration dans une Europe unie est pour moi d’une très grande importance. La manière de travailler ensemble au sein de la famille, dans nos sections, dans les communes doit marquer à mon avis la coopération des Amis de la Nature dans un contexte international. Pour que nous marchions donc tous ensemble.

Naturfreunde Österreich

(Juillet 2017)


 

 

Fotos Urs Wüthrich_PelloliUrs Wüthrich-Pelloli | Président des Amis de la Nature Suisse

Depuis le 13 mai 2017 Urs Wüthrich-Pelloli est président des Amis de la Nature Suisse. Politicien de l’éducation et ancien Conseiller d’État, il a des plans ambitieux pour l’exercice de sa fonction. Dans notre entretien, Urs parle de ce qui le motive dans son engagement pour les Amis de la Nature et de ses idées pour l’avenir de l’association. 

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Tu as parcouru une longue carrière politique. Qu’est-ce qui t’a amené à t’engager maintenant pour les Amis de la Nature ?
En tant qu’individu je m’engage depuis longtemps pour un milieu intact et suis membre des Amis de la Nature depuis les années 1980. Mes rapports à cette association sont trois. D’une part le rapport historique, parce que les Amis de la Nature sont issus du mouvement ouvrier, où j’ai aussi mes racines. D’autre part le rapport sportif, parce que je m’engage pour le sport et aime la randonnée. Et finalement un rapport au niveau des valeurs, parce que je pense que des Amis de la Nature doivent aussi assumer une responsabilité pour celle-ci.

Beaucoup considèrent toujours les Amis de la Nature comme une simple association de loisirs et de randonnées. L’action politique n’est pas présente au même degré dans les différentes fédérations nationales. Et au plan national des thèmes très variés sont abordés – du nucléaire par le libre échange à la liberté d’accès aux chemins. Quelles sont tes idées pour l’action politique des Amis de la Nature ?
Il est pour moi indispensable que le mouvement des Amis de la Nature s’ingère de nouveau dans la politique en matière de nature et de paysages. Je ne veux explicitement pas dire que les Amis de la Nature doivent devenir un parti politique ou se laisser instrumentaliser par un parti. Mais ils doivent se donner de nouveau un profil politique clair et se positionner comme les alliés d’organisations s’engageant pour le développement durable et la sauvegarde de la nature.
 
Le Mouvement des Amis de la Nature vit actuellement des moments difficiles. Bien des fédérations nationales sont confrontées depuis des années à la baisse de leurs effectifs et à la perte de subsides publics – par exemple pour le maintien de leurs Maisons. Que comptes-tu faire dans ce domaine au plan national pour inverser cette tendance ?
Le développement de nos effectifs et la structure d’âge de plusieurs sections mettent en évidence de graves déficits au niveau de la relève. Il y a des sections qui montrent avec succès que le renouveau dans la continuité est possible. Je suis optimiste que leur succès pourra faire tâche d’huile.
Un thème très important est pour moi la gestion efficiente et viable de nos Maisons. Dans ce domaine nous avons à faire converger le bénévolat incontournable et l’ambition d’un professionnalisme accru. 
Et comme je l’ai déjà dit, une grande priorité pour moi personnellement sont le travail de fond et le positionnement politique des Amis de la Nature suisses. Je considère la dépolitisation de notre mouvement comme un développement fatal, synonyme de perte d’identité, de profil et d’originalité – nos idées et valeurs fondamentales resteraient ainsi des mots creux et des déclarations futiles.
 
Dans les années passées tu as occupé de nombreux postes internationaux, par exemple la direction de la délégation suisse et le présidium de la Commission franco-germano-suisse du Rhin Supérieur ainsi que la représentation de la Suisse au Congrès du Conseil de l’Europe et dans l’Assemblée des régions d’Europe. Quelle est la valeur que tu attaches à l’internationalisme – justement aussi dans le cadre du mouvement des Amis de la Nature ?

J’ai toujours vécu les rencontres transfrontalières comme un enrichissement et un fondement indispensable de la compréhension mutuelle. Ce ne sont que l’échange d’opinons et d’expériences et le respect de perspectives et horizons divers qui peuvent garantir le développement de la société et la stabilité. Dans un monde de plus en plus globalisé il s’impose d’autant plus que des mouvements comme les Amis de la Nature dépassent les frontières nationales et s’engagent dans des réseaux forts, si l’on veut que leur voix soit entendue par les décideurs internationaux. Par conséquent je félicite l’IAN de son action et me réjouis de pouvoir soutenir cet engagement par mes propres 

Naturfreunde Schweiz

(Mai 2017)